Appuyer sur "Entrée" pour passer au contenu

Valley of Love, critique

0

Habitué à mettre en scène des films policiers ou des thrillers fantastiques (Le Poulpe, Une affaire privée, Cette femme-là), Guillaume Nicloux change de registre, celui du drame intimiste et onirique, pour rendre hommage à un homme incompris par un immense acteur français…

Attristés par le suicide de leur enfant, Gérard (Depardieu) et Isabelle (Huppert) s’engagent dans une quête aussi fabuleuse que surnaturelle pour honorer sa promesse. Le couple se rend dans le désert des Mojaves (États-Unis), l’endroit le plus ardent du monde, pour l’exaucer et faire leur deuil. Le décès terrible de cet enfant, survenu il y a plus de 6 ans, n’est pas sans rappeler celui du véritable fils de Gérard : Guillaume.

Guillaume Nicloux expédie Gérard (Depardieu) et Isabelle (Huppert) dans les canyons arides de la Californie pour illustrer ces environnements comme un purgatoire qui absoudrait leurs péchés. Quelle est la pire des punitions que Nicloux pouvait bien leur infliger pour qu’ils se rachètent une conduite ? Ses deux acteurs-personnages pourront-ils rester unis face à cette perte tragique ou résisteraient-ils à la chaleur de ces canyons ?

Guillaume Nicloux est réalisateur, mais il est aussi un photographe de renom qui nous fait ressentir l’instant présent à travers les faits et gestes de ses comédiens, et ses somptueux plans-séquences. D’un naturel déconcertant, Gérard (Depardieu) et Isabelle (Huppert) nous offrent des moments de vie émouvants, sombres et tendres, lors de leurs échanges douloureux et subtils dans les gorges californiennes. Nicloux qui les sublime nous plonge dans l’univers métaphysique de leur deuil. Les couchés du soleil d’une beauté incroyable côtoient une piscine d’un azur éclatant. À la photographie léchée, teintée de couleurs vives et de gris clairs, cet univers emprunte le style onirique de Terrence Malick tout en soulignant magnifiquement la mélancolie du couple d’acteurs.

Guillaume Nicloux livre une oeuvre esthétiquement gracieuse, lunaire et touchante sur le décès, le poids du passé, les remords et les souvenirs. En préférant l’image aux mots, Nicloux nous parle avec simplicité et finesse de la mort et de l’impact des regrets, semant ainsi le trouble entre son récit et celui de Gérard (Depardieu). Cette ambiguïté laisse présager l’existence d’une certaine forme de réalité dans une oeuvre fictive.

Si vous appréciez ma chronique, ce serait sympa de la partager...