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Une belle fin, critique

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Dans cet émouvant hymne à la vie, dans l’étreinte de la mort, Uberto Pasolini nous dresse le portrait monotone d’un salarié accessible, généreux, un brin consciencieux, qui se bat contre la solitude des défunts, leur évitant de partir dans l’indifférence générale. Cette empathie incroyable s’installe alors pour John May (Eddie Marsan) dont l’existence est elle aussi rythmée par de petites habitudes qui confinent au rituel…

Entre des rencontres brèves et un coup de cœur pour une jeune femme fragile (Joanne Froggatt), la fille d’un défaut dont il s’est occupé, John May change sa triste existence. Comme son cercle d’amis qui s’élargit et une mise en scène qui accueille de plus en plus de couleurs, May devient progressivement chaleureux et enthousiaste jusqu’à ce que sa dernière quête vire au romantique, transformant sa vie en une fable poétique poignante. L’image qu’il laisse de lui finit par caresser l’invraisemblable, l’ultime adjectif qui accentue notre anxiété de finir seul, dévoilant l’unique démonstration naïve de la sincérité de John May.

Après le méconnu Sri Lanka National Handball Team, Uberto Pasolini réalise un véritable tour de force avec Une belle fin, une nouvelle œuvre subjective et touchante, qui lui tient très à cœur. John May le renvoie à sa propre histoire familiale. À la différence près de ce dernier, Uberto Pasolini est le père de 3 filles et a découvert la solitude de son personnage après 30 années de vie de couple. Sa séparation compliquée et douloureuse avec sa femme lui a fait ressentir le manque de présence humaine.

Pour Uberto Pasolini, Une belle fin s’apparente comme une sorte de voyage intime. Il est même une réflexion douce-amère sur la façon dont la société traite son prochain et transforme sa vie jusqu’à parfois s’en préoccuper, souvent le négliger. À travers le thème de la mort et le parcours de John May, Uberto Pasolini évoque la vie tout en nous suggérant d’édifier des ponts avec notre prochain, si nous voulons lui transmettre notre héritage avant de nous éteindre seul.

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