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Un profil pour deux, critique

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Alex (Yaniss Lespert) est un jeune auteur désabusé qui passe la majorité de son temps à trainer son spleen chez les parents de sa petite amie Juliette (Stéphanie Crayencour). Sa belle-mère Marie (Macha Méril), devant l’inactivité de son gendre, décide de l’embaucher comme professeur en informatique. Sous peine de se retrouver sans domicile fixe, Alex est contraint de former Pierre (Pierre Richard), le grand-père de Juliette, aux nouvelles technologies. Y arrivera-t-il ?

Caractériel et fatigué, Pierre vit seul depuis la mort de sa femme. Son appartement, situé dans le quartier chinois de Paris, est poussiéreux et sombre. Marie est inquiète de le voir sombrer dans la mélancolie du temps qui passe et vivre en reclus. Si Alex, quelque peu indolent, parvient à lui donner les bases de l’informatique, Pierre en profite pour devenir une âme friponne. À l’insu de sa fille Marie, et dans l’espoir de combler sa solitude, Pierre retrouve le goût de vivre, allant jusqu’à emprunter l’identité d’Alex sur un site de rencontres, lors d’une nuit d’insomnie. S’ensuit très vite toute une série de malentendus et de situations drolatiques entre les deux hommes qui sont très loin d’imaginer ce qu’ils vont endurer.

Dans la veine d’un Cyrano de Bergerac, mais en plus moderne, Un profil pour deux est une comédie cocasse, émouvante et insouciante, où règnent le comique de situation et les quiproquos en tout genre entre deux générations qui s’opposent et se rapprochent. Depuis qu’il est veuf, et hanté par de vieux souvenirs, Pierre, un octogénaire, est dépassé par les absurdités technologiques qui l’entourent. Il l’est tellement qu’il réussit à mettre sens dessus dessous les relations qu’il entretient avec ses proches. L’existence de Pierre est aussi monotone que celle d’Alex, un scénariste nonchalant, qui préfère vivre aux crochets de Juliette plutôt que d’aller à la recherche de son producteur. Juliette finit par voir Alex comme un fardeau, mais Pierre a plus d’un tour dans son sac pour venir en aide à son professeur, profitant, là encore, à lui-même. Et, c’est sans oublier la technologie qui va progressivement le surprendre, à son grand désespoir.

L’un comme l’autre, Pierre et Alex sont pareils. Au-delà du caractère acariâtre et malicieux du premier, et de l’indolence du second se cachent deux personnes aussi égarées l’une de l’autre jusqu’à ce qu’une rencontre fortuite (Fanny Valette) les entraine dans une aventure mouvementée amusante. Sans le savoir, Pierre, âgé de 80 ans, va retrouver en Alex le jeune homme de 30 ans qu’il était autrefois et Alex va retrouver un sens à son existence à travers Pierre. La vitalité retrouvée chez l’un va compenser les appréhensions de l’autre, lui insufflant un nouveau souffle de vie.

Après avoir dirigé Pierre Richard sur Et si on vivait tous ensemble ?, Stéphane Robelin signe une comédie douce-amère sur la solitude des personnes âgées et sur les affres de la jeunesse à grandir dans le monde adulte. La rencontre entre l’ainé (Pierre Richard) et son cadet (Yaniss Lespert) suscite un vif intérêt, notamment dans la difficulté à établir des relations sociales de nos jours et dans la façon dont la solitude peut être surmontée. Derrière ces difficultés se cachent la peur de partir seul pour l’un et la peur de vivre seul pour l’autre. Ce sont ici deux générations perdues en quête de la même chose : l’état aimé. Cet état de fait donne l’occasion à Robelin de prendre le contre-pied de leurs problèmes pour nous offrir un joli moment de distraction. Et nous transmettre des valeurs simples basées sur l’amour, l’échange et l’entraide, par le biais de son duo étincelant : Pierre Richard et Yaniss Lespert.

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