Critique : Un petit boulot, un film de Pascal Chaumeil - myCinéthèque Appuyer sur "Entrée" pour passer au contenu

Un petit boulot, critique

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Après avoir joué dans L’Arnacoeur, Romain Duris trouve un petit boulot dans le dernier film du regretté Pascal Chaumeil. Ce petit boulot est une oeuvre croustillante, portée par des dialogues savoureux qui n’est pas sans rappeler ceux de la génération Audiard…

Écrit par Iain Levison et scénarisé par Michel Blanc, l’ouvrage éponyme Un petit boulot est une saynète noire à la fois légère dans sa mise en scène et lourde de sens dans son propos. D’un cynisme et d’un naturel déconcertants, les acteurs utilisent leur flair et leur sens de l’humour pour expédier les ânes qu’ils croisent. Entre des ânes hypocrites, des ânes maladroits et des ânes malentendants, il n’est pas facile de les cerner. Mais Romain Duris, devenu tueur à gages pour Michel Blanc, a de la suite dans les idées pour les distinguer des comportements (louches, mais pas suspects) de ses partenaires et les ménager. Façon puzzle. Alors, oui, c’est vrai, les deux comédiens s’égarent parfois, nous offrent souvent des moments d’anthologie, à l’occasion de scènes réjouissantes.

Pascal Chaumeil orchestre ici une formidable rencontre entre deux âmes esseulées et perverties par la crise sociale. Romain Duris, un ancien briseur de couple, est contraint, sur avis médical de Michel Blanc, d’accepter un petit boulot pour combler un vide. D’un employé égaré à un patron agité qu’il suit, Pascal Chaumeil nous montre ce qu’est le respect dans un monde industriel en friche. Attention, ce n’est plus un simple moment d’égarement qu’il nous propose, mais une parenthèse joyeusement amorale que son duo ouvre pour rire de la crise et referme délicatement pour ne pas réveiller d’autres âmes.

Pari réussi : Pascal Chaumeil réalise un formidable bijou d’humour noir sur fond de chômage, qui retrace une ère pas si lointaine de la nôtre, où de bons vivants buvaient, cognaient, riaient de tout, même de travers, pour brader la société, tout en finesse. Ne le prenez pas mal et régalez-vous devant les nouveaux Tontons flingueurs du XXIe siècle. Michel Blanc et Romain Duris s’en donnent à cœur joie, lors de joyeuses joutes verbales.

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