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Tunnel, critique

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Serait-il mieux d’essayer de sauver une âme, ensevelie sous un tunnel d’une longueur de 760 kilomètres, plutôt que de satisfaire l’amour de soi de capitalistes, lâche un des sauveteurs présents sur les lieux de la catastrophe ? Kim Seong-hun, auteur du remarquable Hard Day, répond à cette interrogation morale en confrontant l’homme à ses responsabilités…

Concessionnaire automobile et père de famille, Jung-soo (Ha Jung-Woo) vient de conclure un contrat d’achat de véhicules le jour de l’anniversaire de sa petite fille. Sur le chemin menant à son domicile, il emprunte un tunnel flambant neuf, reliant Séoul à Hado, qui s’effondre sur lui. Jung-soo ne peut ni avancer, ni reculer, sa voiture est immobilisée en plein milieu du tunnel. La seule chose qu’il puisse faire est d’appeler les secours, par l’intermédiaire de son smartphone. Jung-soo joint un service d’urgence rapide qui déclenche l’opération de sauvetage la plus difficile de la péninsule coréenne. Même si les secours ne saisissent pas bien sa demande d’aide.

Les seules choses qui arrivent à fonctionner en Corée du Sud sont le réseau des opérateurs de téléphone mobile et le klaxon des voitures. Entre des médias qui cherchent l’exclusivité et des forces de l’ordre qui piétinent, Jung-soo essaie de garder son sang-froid jusqu’à ce que la batterie de son téléphone se vide. Le piège de la solitude se referme doucement sur lui, l’obligeant à se débrouiller seul pour survivre face à des intervenants dépassés. Ce qui n’est pas du goût de Dae-kyoung (Dal-Su Oh) qui explore d’autres pistes, toutes plus dangereuses les unes des autres, pour sauver Jung-soo, au grand désespoir de tous.

Si cet affaissement de tunnel devait se produire, il est important de garder son sang-froid et de trouver une issue de secours avant que les responsables ne prennent une décision. Car votre âme est si précieuse qu’elle ne peut pas être confiée à n’importe qui. C’est en filmant le parcours de l’une d’entre elles que Kim Seong-hun dresse une critique sociale de la Corée du Sud, laissant derrière elle tout un tas de victimes innocentes qu’elle aurait pu sauver. C’est l’amour de soi et la solidarité qui sont mis à rude épreuve face à des capitalistes prêts à tout pour détourner les meilleures volontés, privilégier les pires accidents ou réflexes, réprouver les hommes les plus courageux.

Le concept d’une personne, piégée sous les décombres et les roches, n’est pas nouveau au cinéma (127 heures et Kidnapping), mais il reste un incroyable défi pour un cinéaste de le relever. Attirer notre attention en créant un lien de proximité avec ce père de famille est d’une efficacité redoutable qu’elle fait monter crescendo notre empathie à son égard et notre peur de le voir dépérir sous nos yeux. Cette impuissance et cette sympathie nous font prendre conscience ce que signifient réellement l’instinct de survie, la solidarité et l’être humain au sein d’un thriller fort et haletant. Kim Seong-hun nous donne une véritable leçon qui devrait nous faire réfléchir sur le sens de l’éducation.

Si vous appréciez ma chronique, ce serait sympa de la partager...

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