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The Greatest Showman, critique

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Chacun possède des rêves et les songeries nous émerveillent, allant jusqu’à nous inciter à faire preuve d’audace pour réinventer un monde nouveau, où chaque être humain pourrait composer une seule et même personne. Et où s’afficher comme tel devant autrui serait possible…

C’est dans un tourbillon que The Greatest Showman nous grippe : explosion d’émotions, de couleurs, de musique et de joie de vivre pour évoquer un univers immense aux mille visages, tourbillon d’individus chaleureux, difformes et extravagants. Avec une transmission en simultané de l’ardeur de ces individus, cette explosion de variétés, nous éblouit, allant jusqu’à démontrer que l’intrépidité et le sens de l’imagination sont les seules choses qui limitent l’ambition d’un homme. Alimenté par une abondance de talents et armé d’un sourire gagnant, l’un d’entre eux, le sympathique Hugh Jackman se glisse dans le costume de P.T. Barnum. D’origine modeste, l’agent artistique du XIXe siècle brise les frontières en suivant ses rêves d’enfant et en créant un étrange cirque pour ceux qui ont un penchant pour l’exotisme et le macabre. Ce rêve est une fantaisie hollywoodienne qui nous emmène dans un monde enchanté et vaste. P.T. Barnum nous emporte dans un tourbillon social d’énergie et de bonne humeur, empli de chants et de danses, sous lequel l’aspect édénique est sous-jacent à la discrimination et à la volonté d’acceptation d’autrui.

Avec l’aide des auteurs de La Belle et la Bête et de Rio 2, Michael Gracey jongle sur l’aspect dramatique, la fibre émotionnelle du récit et les effets visuels pour permettre à des corps qui se distinguent de s’exprimer. Les costumes éblouissants, les chorégraphies voyantes et les représentations inconsidérées forment le socle de cette comédie musicale animée, inspirée de faits réels, parfaitement cadencée par le corps de Hugh Jackman et de sa troupe. Le montage ne révèle aucune faille. Les acrobaties d’Anne Wheeler, une trapéziste aux cheveux roses, et de Zac Efron, un artiste quelque peu affecté, sont fabuleuses et maitrisées de bout en bout. La romance du duo qu’il incarne traverse les tabous raciaux sur la scène, où s’opposent la classe moyenne et la haute société. Zac Efron, connu pour ses rôles comiques, a gagné en maturité et nous prouve qu’il peut s’investir autant que ses camarades dans un projet artistique rempli d’espoir. Si Zac Efron est juste avec Anne Wheeler, il l’est aussi avec Hugh Jackman. Les deux hommes se délectent d’une séquence à l’autre, et plus particulièrement lorsqu’il échange dans un bar sur ce qui leur est essentiel : la crédibilité et la liberté.

Michelle Williams n’a besoin d’aucun masque pour donner vie à des femmes à la fois déterminées, élégantes, indépendantes et sobres. Peu importe ce qui l’oppose à ses partenaires, la comédienne – que l’on a vue récemment dans Tout l’argent du monde – force le respect par le sens du dévouement et du sacrifice de son personnage. La compagne de l’imprésario qu’elle joue est toujours prête à prendre des risques pour mener une existence trépidante, même si elle ne recherche la témérité de l’être brave et modeste qu’elle a rencontré. Au milieu du récit de Hugh Jackman et de Michelle Williams, Rebecca Ferguson, une énigmatique cantatrice, jette le trouble dans leur relation. Cette cantatrice est autant l’objet de l’engouement d’un homme qu’une manipulatrice, d’autant plus que son interprétation de Never Enough est suffisamment limpide pour cerner le fossé entre deux mondes. Et c’est sans oublier la présence de Keala Settle, une dame barbue du groupe, qui s’en réjouit en rendant hommage à son pygmalion, lors d’une représentation intense de This is Me.

Derrière les paillettes se dessine une ode musicale à la bonté, où l’art le plus noble est celui de rendre heureux tout en apportant couleur, joie et rêve à un monde agité. Dans le monde magique de P.T. Barnum, chacun de nous ne peut être semblable aux autres. Ce mélange d’individus qui en découle est ici toute l’idée de cette merveilleuse ode, magistralement portée par l’audacieux Hugh Jackman et sa troupe difforme – pleine de fougue et de vie – qui illustrent un formidable exemple d’engagement social.

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