Appuyer sur "Entrée" pour passer au contenu

The Circle, critique

Guillaume Blet 0

Beaucoup d’oeuvres (Creative ControlEqualsHerI.T.) évoquent l’émergence des nouvelles technologies dans notre quotidien et l’évolution des réseaux sociaux comme la mort imminente de toute forme de vie privée. The Circle ne déroge pas à la règle. Cette oeuvre avant-gardiste nous met en garde contre les dangers et nous interroge sur les limites des technologies, où se confondraient vie privée et vie publique… 

Issu d’une famille modeste, Mae (Emma Watson) est contrainte de travailler dans un organisme de crédit pour subvenir à ses propres besoins, les siens et ceux de ses parents, dont l’un des deux (Bill Paxton) est malade. Elle n’est pas épanouie jusqu’au jour où sa meilleure amie Annie (Karen Gillan) lui propose de la rejoindre chez The Circle, une entreprise de haute technologie dirigée d’une main de maitre par Eamon Bailey (Tom Hanks) et Tom Stenton (Patton Oswalt). C’est une expérience innovante et nouvelle qui commence pour Mae. Quelque peu déconnectée de la technologie et retrouvant la joie de vivre, Mae s’adapte à son nouvel environnement de travail. Ses missions sont rattachées au service clientèle de The Circle. Elle répond à des clients, les évalue et les sonde pour répondre à leurs besoins et décrocher les meilleures notes possible. Au fil des mois passés à The Circle, Mae parvient à se hisser dans le haut de la liste des meilleurs employés de la firme technologique et deux salariés viennent la voir de façon incongrue. Cette nouvelle expérience enrichissante se transforme progressivement en « un thriller » pernicieux, où s’entrecroisent réalité et virtualité, et ces deux salariés, venus la récompenser pour son travail, s’immiscent, sans le savoir, dans la vie familiale et privée de Mae.

La présence de cette virtualité dans le réel s’intensifie. De plus en plus connectée, Mae excelle par son incroyable capacité à utiliser la technologie de son employeur pour aider ses clients. Sa meilleure amie fait monter son enthousiasme et un de ses collègues (John Boyega) la plonge dans les méandres de la technologie et de son impact néfaste sur les libertés individuelles. Oscillant entre une meilleure amie ultra-connectée et un mystérieux Kalden, Mae continue sur sa bonne lancée. Ses résultats surprennent les deux fondateurs, Eamon Bailey et Patton Oswalt, qui lui proposent une tâche inédite : celle de devenir transparente aux yeux de tous et celle de leur faire vivre ses expériences. Pendant un mois, chaque moment de sa vie est relayée par des caméras révolutionnaires qui se sont infiltrées dans les recoins de la planète. Son ambiance de bureau devient de plus en plus malsaine et James Ponsoldt pousse les situations auxquelles Mae est confrontée à leurs paroxysmes. De cette façon, il dénonce les excès et les risques d’une technologie la suivant, elle et ses proches, à chaque instant, à chaque coin de rue, bref, partout où elle se déplace.

D’une jeune femme modeste happée par les joies de la modernité à la sagesse de proches dépassés, en passant par un environnement professionnel exaltant, on s’interroge sur l’utilité du tout connecté. Si la technologie peut être appliquée au domaine de la justice ou de la santé, elle est nettement moins pratique dans la vie de Mae qui l’apprend à ses dépens. Tour à tour déroutée et excitée, Emma Watson qui l’incarne réussit un formidable tour de force en s’amusant avec les nerfs de ses patrons, lors d’une issue abrupte. Cette finalité remet en cause la manière dont l’homme utilise les nouvelles technologies. Et la méconnaissance des dangers qu’elles procurent le plonge dans une soif de savoir démesurée et une spirale de violence infernale.

Avec l’aide d’un Tom Hanks magnétique et d’une Emma Watson surprenante, James Ponsoldt entraine une prise de conscience, analysant et imaginant un futur réaliste, où la surveillance électronique n’a pas pris en compte toute l’étendue des dérives technologiques. Et où l’homme, endormi par des discours novateurs, est devenu un être aussi coupable qu’irresponsable.

Si vous appréciez ma chronique, ce serait sympa de la partager...

Défiler vers le haut