Appuyer sur "Entrée" pour passer au contenu

Taxi Driver, critique

0

Fort de cette réplique : « You talkin’ to me », Taxi Driver, écrit par Paul Schrader et réalisé par Martin Scorsese, est un drame psychologique d’une violence inouïe qui imaginent l’avenir de leur société. Le devenir n’est pas glorieux et la nation serait un monde contemporain décadent à la frontière de la folie. En 1976, les deux auteurs aussi surprenants que visionnaires le démontrent devant les festivaliers et repartent avec la prestigieuse palme d’or de Cannes…

De retour d’une effroyable guerre, Travis Bickle (Robert De Niro) est en proie à des réflexions mentales à bord de son taxi. Il erre la nuit dans les rues de New York pour combler l’ennui. Il fréquente les bars, les cinémas pornographiques, Brooklyn, Harlem et le Bronx de la mégalopole où règne un golem de violence. Par solitude ou par souffrance, Travis fait la connaissance d’Iris (Jodie Foster), une jeune prostituée de 14 ans. De jour en jour, il l’entraine, sans le savoir, dans une métamorphose destructrice pour la délivrer du mal et la remettre dans le droit chemin. Comment peuvent-ils arriver à s’aider dans cette grande ville qui les oppose et les unit ?

Martin Scorsese ouvre son film à une multitude d’interprétations. L’un des livres de Franz Kafka en dénombre quelques-unes. Les plus évidentes abordent le traitement social d’individus différents. D’autres évoquent la solitude et le désespoir qu’engendre une mise à l’écart de l’homme. Martin Scorsese met alors en scène un drame sur une société et ses méfaits (agression, corruption, prostitution) pour illustrer. Et renforcer ce que Kafka interprétait il y a quelques siècles : la métamorphose de l’homme. Cette métamorphose est nécessaire aux personnages de Martin Scorsese qui passent avec brio du désespoir à la violence pour s’exprimer.

En observant Travis qui décide de partir en guerre contre une violence urbaine et Iris, livrée à elle-même dans le milieu redoutable de la prostitution, se croiser, se recroiser, nous ne pouvons qu’être totalement stupéfaits par ce duo qui détonne.

Martin Scorsese ne se laisse pas envahir par l’esthétisme de son récit. Il entraine les personnages, esseulés et perdus dans cette jungle new-yorkaise, dans une spirale néfaste pour obtenir justice. Et nous montrer que la frontière entre la justice et la violence est étroite. Avec ses deux acteurs à l’humour corrosif, qui brutalisent les codes sociétaux, Martin Scorsese ne se lésine pas sur les moyens tout en portant une réflexion acide sur notre société contemporaine.

Si vous appréciez ma chronique, ce serait sympa de la partager...

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *