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Split, critique

Guillaume Blet 0

Après une période grisâtre (After EarthThe Visit, etc.), M. Night Shyamalan fait un retour aux sources. À la croisée de Incassable et de Sixième Sens, son nouveau récit Split, mêlant fantastique et réalité, revient sur l’histoire d’un homme souffrant de trouble dissociatif de l’identité. Cet homme aux multiples personnalités kidnappe trois jeunes femmes. M. Night Shyamalan confronte le magistral James McAvoy qui l’incarne et la révélation Anya Taylor-Joy, une de ses proies, pour nous emmener dans un jeu fascinant : celui où l’être humain se révèle à lui sans faux semblant…

M. Night Shyamalan repose essentiellement son récit sur Kevin (James McAvoy). Un homme aux multiples personnalités où chacune d’entre elles s’exprime avec différents attributs physiques. Bien que Kevin possède 23 personnalités, nous n’en voyons que quelques-unes à l’écran. Il y a Barry, un artiste intellectuellement maniéré, Hedwig, un garçon de 9 ans introverti, ainsi que les sombres Dennis et Patricia. Poussé par ces deux derniers, Kevin organise l’enlèvement de 3 jeunes femmes destinées à un sacrifice rituel, révélant sa 24e personnalité ou, du moins, celle d’une puissante créature surnaturelle. Casey (Anya Taylor-Joy), Claire (Haley Lu Richardson) et Marcia (Jessica Sula) possèdent peu de temps devant elle avant que cette énigmatique créature ne s’en prenne à elle. Claire et Marcia, paralysées par la peur, sont contraintes de faire confiance à Casey. Leur porte de sortie ne dépend que de cette étrange amie qu’elles ne connaissent pas bien. Casey au passé tragique se concentre sur Kevin pour le cerner, lui et ses bonnes ou mauvaises intentions, et gagner sa confiance. Au contact de Casey tout aussi déconcertante et troublante que lui, Kevin devient dans son âme et sa chair, le foyer d’une guerre que se livrent ses personnalités, alors que les divisions qui règnent dans son subconscient volent en éclats.

Si la double personnalité d’Edward Norton fut glaciale dans Peur primale de Gregory Hoblit, celle de James McAvoy l’est tout aussi dans le Split de M. Night Shyamalan. McAvoy aux nombreux visages est impressionnant de rigueur. L’acteur offre une performance exceptionnelle tout en crevant l’écran, par son incroyable capacité de jouer sur tout une palette de personnages, allant d’antagonistes familiers à un monstre hors du commun, terrorisant les 3 jeunes femmes, sous son emprise.

À la fois ébouriffant et surprenant, James McAvoy en Kevin souffre d’un grave problème de confusion identitaire. Et, au-delà de ce symptôme, M. Night Shyamalan en profite pour exploiter toutes les capacités de l’être humain à se métamorphoser dans son conte paranormal, mêlant fantastique et réalité, où évolue Kevin. Face à lui, Casey qu’il a kidnappée au cours de sa mystérieuse quête, tente de la décrypter. Mais, pour y parvenir, elle va devoir rentrer dans l’imaginaire de Kevin, non loin de celui de Colle Seat (Sixième Sens) plongé dans son monde et de Elijah Price (Incassable) aux pouvoirs extraordinaires.

Ici, M. Night Shyamalan sème une nouvelle fois le trouble tout en dissimulant les indices au fur et à mesure de l’évolution de la rencontre entre Kevin et Casey. La jeune femme le pousse à dépasser ses propres limites, ses peurs pour le comprendre et découvrir ce qui les unit tous deux : la singularité. Les êtres humains qui distinguent ceux qui sont singuliers finissent souvent par être divisés (le titre Split, en anglais). Et, vous, êtes-vous aussi différent des autres qu’eux ? Avez-vous peur de ne pas être dans la norme ? Être dans la norme, c’est bien, mais il ne faut pas pour autant écarter ceux qui pensent différemment, comme les deux amies de Casey qui tentent de contourner Kevin par des moyens tous plus fantasques les uns que les autres. Parce qu’il est important que vous le sachiez : la norme n’existe pas, elle est le fruit de votre imagination et seule la différence permet à tout un chacun d’évoluer, de grandir, de mûrir. C’est en faisant de la différence une force que nous finissons par ne pas perdre le contrôle de notre vie.

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