Critique : Snow in Paradise, un film d'Andrew Hulme - myCinéthèque Appuyer sur "Entrée" pour passer au contenu

Snow in Paradise, critique

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Inspiré par le récit authentique de son coscénariste Martin Askew dont l’oncle était un fripon londonien, Andrew Hulme retrace le parcours de Dave, un jeune délinquant en quête de pardon, au coeur d’un « polar » urbain sur fond de voyoucratie…

Dave (Frederick Schmidt) est une petite frappe qui mène sa vie, entre drogue et violence, dans l’East End de la capitale londonienne. Quand ses agissements entraînent la mort de son meilleur ami Tariq (Aymen Hamdouchi), Dave est anéanti pour la première fois par la honte et le remord. Alors qu’il commence à faire la paix avec lui-même, son passé de voyou revient à la surface et le met à l’épreuve, oscillant entre des maffiosi dont il ignore les activités et son oncle répugnant (Martin Askew). Dave tourne en rond comme un lion enfermé dans une cage jusqu’à ce qu’il s’oriente envers et contre ses semblables vers les croyances musulmanes du défunt.

En ces temps agités, où la religion est perçue comme une certaine forme d’hostilité, Andrew Hulme signe une oeuvre-choc sur la rédemption de Martin Askew qui fut sauvé de la délinquance par l’islam. En prenant comme point de départ l’enfance marquante de son coscénariste, Andrew Hulme montre que la religion n’est pas aussi nuisible à l’homme qu’on l’imagine. Au fil de cet authentique récit, empli de doute et de questionnement, de haine et de violence, son jeune personnage en perte de repères cherche, lui aussi, le pardon. Pour que la religion lui soit salutaire, Andrew Hulme ajoute une dose de mysticisme à sa quête rédemptrice et fait de l’islam une réponse à un besoin inconsolé d’exhaussement. Au regard de la montée de l’islamophobie, le propos paraitrait audacieux, d’autant plus que Andrew Hulme s’en tire à bon compte en contournant toute caricature ou schématisation de la doctrine religieuse.

Acteur débutant aux allures athlétiques, Frederick Schmidt qui avait plongé dans l’univers brutal des Poings contre les murs, interprète le rôle de Dave en quête de pardon et de rédemption. Frederick Schmidt concentre toute l’énergie explosive de son personnage pour canaliser la violence intrinsèque du milieu urbain dans lequel il est encapsulé. À travers le Dave qu’il incarne, et ses partenaires enlisés dans un monde virulent, Andrew Hulme propose un pont singulier, une trêve pragmatique entre les États de l’Union européenne et ceux du Moyen-Orient. À l’heure où l’on se pose des questions sur l’avenir de son pays, Andrew Hulme dégage de cette oeuvre réaliste une vision positive sur l’espérance, sur la foi et sur la capacité de croire en l’impossible.

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