Critique : Si j'étais un homme, un film d'Audrey Dana - myCinéthèque Appuyer sur "Entrée" pour passer au contenu

Si j’étais un homme, critique

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Après Sous les jupes des filles, une comédie pétillante pleine d’entrain, Audrey Dana, devant la trouille de se faire plaquer par une fripouille, s’amuse avec les clichés véhiculés par les sociétés patriarcales. Et se pose une question saugrenue : que se passerait-il si une femme se retrouvait avec l’appareil génital d’un homme ? 

Pour y répondre sans fausse modestie, ni pudeur, Audrey Dana nous interroge à travers le récit de son héroïne sur l’homme et la femme de nos jours tout en mettant à bas les stéréotypes. Jeanne est une mère épanouie et heureuse jusqu’au jour où elle se retrouve avec l’appareil génital d’un homme. Ce qu’elle a entre ses jambes va peu à peu mettre sa vie sens dessus dessous, à son grand dam. Probablement parce qu’elle a considéré les hommes comme des obsédés du sexe, des instables, des machistes, bref, la belle panoplie d’arguments de sa copine (Alice Belaïdi). Ce nouvel appareil peut-il être un moyen comme un autre de se réconcilier avec elle-même et les hommes ? Jeanne, devant la lâcheté d’un ex-mari et un complexe d’infériorité, ne cesse d’être maladroite avec sa façon de déambuler. Le sexe masculin l’angoisse et son médecin (Christian Clavier) lui donne des conseils amusants pour prendre son pied, lors de scènes crues, dépourvues de vulgarité. À ses côtés, Jeanne passe par toutes les émotions jusqu’à jubiler avec elle-même lorsqu’elle redécouvre les petits plaisirs de la vie : l’amour et le bien-être au sein d’une aventure pleine de fous rires et de surprises.

Audrey Dana, au top de sa forme, un brin malicieuse, incarne une femme coincée et frigide qui s’affranchit des idées absurdes des autres femmes. Et qui parvient à se libérer au contact de son gynécologue. Elle a une façon très masculine d’être terriblement féminine qui n’appartient qu’à elle. Christian Clavier campe un médecin aussi décomplexé et surpris que sa patiente. Face à ces deux-là, Alice Belaïdi est toujours aussi spontanée et sincère qu’elle en devient hilarante avec les réactions préconçues de la bonne copine qu’elle interprète. Eric Elmosnino, quant à lui, conserve son charme, même s’il a déjà été plus fin et subtil dans son jeu d’acteur (ici, Le Coeur des hommes).

Aux antipodes d’une énième comédie sur l’être aimé en manque d’amour ou de sexe, et porté par des comédiens sémillants, Si j’étais un homme est un joli conte moderne sur l’amour et le désir. Audrey Dana pose un regard féminin sur les relations entre les hommes et les femmes, et celles entre les femmes, tout en finesse. Elle va déranger certaines âmes prudes, mais avec son audace et son franc-parler, elle ne sombre jamais dans les bassesses de la vulgarité, bien au contraire, elle nous ouvre les yeux sur la difficulté à se comprendre, à s’aimer. Alors, n’oubliez pas de vous accorder avec votre partenaire le 5 juillet et de prendre, comme lot de consolation, les papouilles du DVD ou du Blu-Ray.

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