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Seven Sisters, critique

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Au XIXe siècle, Thomas Malthus avait prédit un avenir sombre en affirmant que les exploitations agricoles ne pourraient pas anticiper la surpopulation mondiale. Deux siècles plus tard, Malthus s’est trompé, du moins en ce qui concerne les pays développés, puisque la technologie de ces exploitations est parvenue à nourrir la planète sans difficulté. Jusqu’à ce que le gouvernement chinois décide de contrôler les naissances pour lutter contre la famine et ralentir la croissance de la population. Si les Chinois ont abrogé la politique de l’enfant unique des années après l’avoir votée, cela n’est pas le cas pour Nicolette Cayman, une bureaucrate farouchement ambitieuse, qui décide de l’appliquer. Et de soutenir la thèse malthusienne dans le thriller d’anticipation de Tommy Wirkola…

Dans le monde dystopique que Nicolette Cayman (Glenn Close) a imaginé, aucun parent ne peut avoir plusieurs enfants et chaque enfant est considéré comme un cas unique. Si certains parents mettent au monde des jumeaux, des triplets ou des sextuplés, le gouvernement de Cayman sera contraint de les mettre en sommeil pendant quelques années, et ce jusqu’à ce que la croissance de la population baisse et que la famine disparaisse. Comme on le sait déjà, dans le domaine de la politique, les choses ne s’annoncent jamais comme on l’avait espéré.

Performante et remarquable en tous points, Noomi Rapace se glisse dans la peau de sept soeurs que tout oppose. Leur grand-père (Willem Dafoe) les appelle par les jours d’une semaine. Il leur impose un mode de vie stricte pour ne pas éveiller les soupçons des autorités sur leurs existences. Bien qu’elles soient capricieuses ou qu’elles désobéissent parfois à leur grand-père, les soeurs réussissent à survivre tout au long de leur vie. Arrivées à l’âge adulte, elles veillent à ce que chacune adopte le même style vestimentaire que l’autre pour composer la personnalité d’une seule femme (Karen Settman) et sortir à l’extérieur.

Grâce à la technologie du cinéma, et avec une dextérité inouïe, Noomi Rapace met en scène les soeurs, allant jusqu’à les manipuler à sa guise et les faire combattre ensemble pour déjouer un terrible complot, lors de scènes d’action virevoltantes. Malgré que la majorité de l’action soit verbale, la violence physique apparait de temps à autre et les soeurs aussi déterminées que pugnaces en pâtissent face à une horde de mercenaires. Même si elles réussissent à recouper les données et remonter à la source de leurs origines réelles : une réalité que personne n’avait imaginée avant de les croiser.

Alors qu’il nous avait surpris avec Dead Snow, dans lequel l’homme était composé de plusieurs membres différents, le cinéaste norvégien Tommy Wirkola va encore plus loin. Il explore, cette fois-ci, une autre facette de l’homme : celle où se décuplent plusieurs personnes en une seule au coeur d’un récit futuriste savamment dosé d’action, d’un suspens haletant, de dialogues stimulants et de violence physique vivifiante. À travers les étonnantes et multiples interprétations de Noomi Rapace, Wirkola propose une réflexion détonante sur ce que les êtres sont capables de faire pour survivre dans une société dystopique. Il nous fait découvrir ce que représente la vie si ces êtres ne peuvent pas l’incarner avec leur propre personnalité. Et les conséquences ne pourront qu’être déroutantes lorsque le « twist » final apparaitra devant votre regard ébahi.

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