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Rock’n Roll, critique

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Après avoir supporté la crise de son ami Guillaume Gallienne dans Cézanne et moi, Guillaume Canet pique à son tour a crise et il a bien raison de la faire à 40 ans. Il apprivoise ses angoisses pour mieux proposer une satire divertissante et grinçante de la société figée à la recherche de l’âge d’or, à la poursuite de l’éternelle jeunesse…

À l’image de l’auteur de Marche à L’ombre, Michel Blanc, qui décortiquait le monde artistique dans Grosse Fatigue, Guillaume Canet va plus loin en mettant en scène sa vie de couple avec Marion Cotillard et ses véritables amis pour confronter nos attitudes et nos idées reçues à la réalité du XXIe siècle.

De cette confrontation, Guillaume Canet, effronté et médusé, se dévoile à nous tel qu’il est dans la vie de tous les jours. Il en est de même pour sa compagne Marion Cotillard. En pleine crise de la quarantaine, Canet n’hésite pas à se parodier avec humour et à s’intéresser à ses propres angoisses. Sa peur de ne plus être dans le coup, devant une vie de famille bien rangée, le fait passer pour un ringard. Un ringard qui serait dépassé par la nouvelle génération d’acteurs, selon la jeune révélation Camille Rowe qu’il a croisée sur le tournage du film de Philippe Lefebvre. Ces petits jeunes plongent Guillaume Canet dans une série de mésaventures en tout genre, l’incitant à changer radicalement pour le plus grand plaisir de notre société. Cotillard, quant à elle, est hilarante dans sa caricature lorsqu’elle parle à outrance le québécois. Elle l’est aussi lorsqu’elle découvre les raisons du changement démesuré de son compagnon.

Au milieu de sa crise d’angoisse et de rire, Guillaume Canet, soutenu par la désopilante Marion Cotillard et ses amis de longue date, se sert de cette métamorphose forcée pour s’adapter à cette société, tout en proposant une réflexion acidulée et amusante sur l’âge, l’apparence physique, l’image de soi et la normalité des acteurs au sein d’un milieu artistique frivole. Un milieu qui préfère vivre dans l’excès plutôt que de mettre en avant l’élan créateur de l’artiste. Canet use de ce défaut pour souligner cette importance : celle de ne pas essayer d’être rock, de rester soi-même et de transmettre son expérience aux plus jeunes. Avec culot.

Derrière la crise de Guillaume Canet, Rock’n Roll, une analyse comportementale mélancoliquement drôle, dépeint notre société qui marche en dépit du bon sens. Face à ses aléas, ses contradictions et ses normes qu’elle ne cesse de nous imposer, l’apparence n’est finalement rien face à ce que l’on est et ce que l’on ressent. L’important est d’être en accord avec soi, peu importe les mœurs. Rester soi-même est la meilleure vertu qu’un homme, un brin nostalgique, puisse partager à l’autre sans fausse modestie.

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