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Raid Dingue, critique

Guillaume Blet 0

Trois ans après avoir rendu plus de cinq millions de Français allergiques à la comédie française du XXIe siècle (Supercondriaque), Dany Boon n’a peur de rien et propose une nouvelle fois à Alice Pol de reformer un duo qui va les rendre encore plus dingues. Enfin, ils vont essayer…

« Dany Boon ou l’art accompli de faire rire, c’est si bon » comme l’atteste Le Parisien. Avec Boon, une valeur sûre sur laquelle se repose le cinéma depuis son carton avec Bienvenue chez les Ch’tis, on est toujours assurés de passer un bon moment. Ses comédies, évitant tout jugement ostentatoire et propos discriminatoire, dépeignent avec humour et légèreté la vie de personnes ordinairement maladroites, mais toujours pleines de bon sens. C’est de nouveau le cas avec Raid Dingue.

Au sein même des locaux du RAID, une unité d’élite de la Police nationale française, il y a… une (d)étonnante jeune recrue. Cette dernière s’appelle Johanna Pasquali (Alice Pol), une jeune femme plus robuste que féminine, qui rêve depuis sa plus tendre enfance d’intégrer le RAID, au grand désespoir de son père ministre (Michel Blanc) et de son cher compagnon (Patrick Mille). Policière hyperactive et maladroite, mais ténue et têtue, Johanna essuie un nouveau refus du RAID. Ce qui la contrarie et angoisse ses proches toujours sur le qui-vive. À l’image de Pierre Richard, Johanna accumule gaffe sur gaffe au boulot comme à la maison et énerve ses supérieurs. Jusqu’au jour où elle reçoit une réponse positive de la part du RAID. Commence alors pour la policière gaffeuse un rude entraînement dans un milieu entièrement masculin, sous la tutelle d’Eugène Froissard (Dany Boon), un policier d’élite machiste en pleine crise.

Ici, la confrontation entre Eugène Froissard et Johanna Pasquali n’est pas de tout repos. La dynamique Johanna ne semble pas être faite pour ce métier à haut risque. Ce qui n’est pas le cas de Eugène, même s’il cumule à une vitesse fulgurante les blagues ironiques à son égard. Mais, faudrait-il encore qu’il n’en fasse pas qu’à sa tête et respecte les instructions de son chef (François Levantal) sur le terrain ? Sa relation tendue avec ce dernier est si amusante qu’il crée peu à peu une alchimie explosive entre lui et la fille indisciplinée du ministre. Johanna et Eugène enchaînent alors les situations avec autant d’énergie que de maladresse pour nous attirer dans une aventure loufoquement dingue, portée par un jeu inégal.

Après avoir été hypocondriaque et radin, Dany Boon devient misogyne et perpétue son habitude d’interpréter des rôles caricaturaux à l’extrême. Son interprétation manque un peu de mordant et de spontanéité devant celle d’Alice Pol qui enchaîne de nombreuses gaffes sans les calculer, ni les compter. Respectivement en chef du RAID et en ministre de l’Intérieur dont les échanges sont cinglants, François Levantal et Michel Blanc apportent de la subtilité et de la profondeur face à des gags lourdingues à répétition.

Si l’interprétation est inégale, le nouveau divertissement de Dany Boon parvient malgré tout à nous détendre et montrer l’univers du RAID. Avec, à la clé, un joli brin de fantaisie et message de tolérance sur l’intégration d’une femme dans un milieu masculin. Dany Boon a donc réussi son pari : celui de transformer le pathétisme en rire autour de sa rencontre avec Alice Pol tout en faisant un clin d’œil sympathique aux hommes du RAID garantissant notre sécurité.

Si vous appréciez ma chronique, ce serait sympa de la partager...

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