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Primaire, critique

Guillaume Blet 0

Deux ans après avoir été une tête à claques dans La Tête haute, Sara Forestier n’est plus une mère instable, mais une enseignante idéaliste qui nous offre une plongée intéressante dans le quotidien des instituteurs de nos jours…

Hélène Angel explore toutes ces minorités qui composent le monde des enseignants : la découvert des sujets et leur difficulté de les professer, l’autorité du professeur et l’éducation de l’élève, la responsabilité des enfants et des parents, les élèves en situation de handicap, etc. Autant d’éléments fondamentaux posent le contexte d’un bel hommage à des instituteurs en pleine crise existentielle. C’est en les confrontant à la réalité sociale que la cinéaste réalise le film le plus diplomatiquement engagé de cette année. Avec des messages distincts et forts, Hélène Angel pointe les dérives et les limites de notre système scolaire, englué dans une politique désastreuse au détriment de l’éducation et de la cohésion sociale, à travers une étonnante Sara Forestier. L’actrice oscille entre fermeté et fragilité tout en incarnant avec le plus de justesse possible les croyances et les incertitudes du corps enseignant qui dépassent les frontières d’un métier ordinaire. À la fois une assistance sociale, une institutrice et une psychologue, Sara Forestier dépeint le portrait d’un corps enseignant qui apporte son lot d’émotions et de surprises. Dédiée à sa cause d’un côté et malmenée par un système décadent de l’autre, l’enseignante qu’elle joue est toujours exposée avec bienveillance.

Si sa collaboration avec Vincent Elbaz manque de naturel, elle parvient à entretenir une relation authentique avec les enfants. Ils apparaissent comme des enfants attachants et tendres, envieux et taquins qui débordent d’énergie qu’ils précisent, eux aussi, les dérives et les limites possibles à leur encadrement naturel. S’intéressant ensuite à un élève difficile (Ghillas Bendjoudi), à un handicapé (Hannah Brunt) et à un intellectuel incompris (Albert Cousi), Sarah Forestier se consacre au cas particulier pour trouver le chemin de l’universalité. Le résultat de sa quête n’est autre que le reflet d’un monde éducatif, où chacun d’entre nous vit fractionné entre les doutes, les joies, le chagrin et les épreuves d’une vie différente de celle d’un enfant innocent.

S’inscrivant dans un cadre politique engagé et volontairement dénonciateur, Hélène Angel, soutenue par Sarah Forestier, montre ce qu’est une véritable cour d’école, où les instituteurs sont passionnés par leur métier, mais épuisés devant des élèves criants de vérité. Hélène Angel souligne également les difficultés du système éducatif à faire correctement son métier : celui d’éduquer les élèves, et d’enseigner avec altruisme et idéalisme.

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