Critique : Patients, un film de Grand Corps Malade - myCinéthèque Appuyer sur "Entrée" pour passer au contenu

Patients, critique

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Avec Mehdi Idir, Grand Corps Malade, de son vrai nom Fabien Marsaud, adapte Patients pour narrer sa propre histoire dans son premier film. Son parcours chaotique, fait de défaites et de victoires, d’éclats de rire et de larmes, n’aurait jamais dû le propulser sur le devant de la scène. Et pourtant, Fabien s’en est sorti grâce à son courage et à des rencontres inattendues qu’il a croisées au sein d’un centre de rééducation…

Passionné par l’activité physique, Fabien Marsaud (Pablo Pauly) s’adonne rapidement au basket, une discipline dans laquelle il est doué, selon son entraîneur Bally Bagayoko. Il passe ensuite un baccalauréat littéraire, même s’il ne se détache jamais du basket-ball. À l’âge de 17 ans, Fabien décline une proposition du centre de formation de basket toulousain, préférant rester à Saint-Denis, non loin d’Aubervilliers où il pratique du sport avec amis. Après avoir décroché le baccalauréat, Fabien obtient son diplôme d’études universitaires générales en Sciences et techniques des activités physiques et sportives. Le 16 juillet 1997, Fabien, animateur d’une colonie de vacances, fait un malheureux plongeon dans une piscine, l’entrainant dans un centre de soins, où le corps médical lui dépiste une paralysie partielle de ses jambes. Fabien est contraint de faire preuve de courage et de constance pour réapprendre à marcher, s’il veut espérer refaire une activité physique. Alors qu’il est à peine sorti du centre de rééducation, vers les années 2000, il prend le pseudonyme de Grand Corps Malade en référence à sa taille et à son handicap. Ce n’est qu’en 2012 qu’il revient sur son séjour hospitalier et sur ses rencontres inoubliables qui l’ont soutenu dans sa guérison.

Scénarisé avec Mehdi Idir, Fabien Marsaud signe ici un bel hymne à la vie avec, en toile de fond, le courage d’un jeune auteur à raconter son parcours douloureux et le travail magnifique du corps médical à s’occuper de réadaptés. Aucun misérabilisme ni pathétisme exacerbés ne se manifeste. Seuls des corps abîmés avancent sans jamais se plaindre au sein d’une oeuvre drôle, chaleureuse et touchante, où se confrontent délicatement le thème de l’acceptation de soi et celui du handicap. Cette finesse d’esprit et l’habileté à montrer le visage humain d’un monde hospitalier dévoué et enthousiaste sont des choses valorisantes pour des patients, comme Fabien et ses camarades, marqués par l’inquiétude et la souffrance. Malgré le handicap qui les unit, ils n’ont jamais perdu l’essentiel : chanter, dialoguer, rire, sourire. Ensemble, ils incarnent la quintessence de la vie sur Terre.

Qu’elle soit abîmée ou non, chacune de leur histoire compte, chacune de leur existence est importante et c’est à nous de renforcer notre bonté dans le regard qu’on porte sur ces personnes handicapées. Les accepter comme tels et leur pardonner sont des étapes fondamentales pour y parvenir. Et, au-delà de leurs histoires qui s’entrecroisent dans le centre de rééducation, Fabien Marsaud réalise en fin de compte un sublime hymne à l’espoir, à l’humour, à la foi, à la persévérance, bref à la vie. Faire preuve de courage, de patience et de tolérance est souvent nécessaire pour surmonter les (més)aventures, renforcer les synergies entre chaque ethnie, dans le respect de leur intégrité, et leur réserver d’agréables surprises.

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