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Nos souvenirs, critique

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Après avoir réalisé le dynamique Promised Land, et remporté la palme d’or au festival de Cannes en 2003 pour Elephant, Gus Van Sant propose une oeuvre spirituelle, emplie d’une philosophie et d’une poésie merveilleuses. Avec les deux âmes perdues dans leurs pensées qu’il filme, Gus Van Sant nous montre à quel point la culpabilité peut être bienfaitrices, la tristesse édénique et la vie aussi fragile que précieuse…

Gus Van Sant raconte l’histoire d’Arthur (Matthew McConaughey) qui vient d’arriver dans la forêt japonaise d’Aokigahara, au pied du mont Fuji, pour mettre fin à ses jours, comme beaucoup de personnes désespérées l’ont fait avant lui en ces lieux. Pendant qu’il cherche un endroit idéal, Arthur aperçoit Takumi (Ken Watanabe), un homme blessé et perdu. Subitement assailli par un sentiment d’humanité, Arthur aide, envers et contre lui-même, cet inconnu à le raisonner et l’incite à ne pas rompre avec la vie. Et, au-delà de son geste bienveillant, Arthur se remémore les moments les plus marquants de sa vie : sa rencontre avec sa femme Joan (Naomi Watts), son amour qu’il lui porte, l’usure de leur couple et leur éloignement progressif.

Comme disait l’ancien-pape Benoit XVI, qui s’adressait aux hommes de bonne volonté sur le développement humain dans la charité et la vérité : « ce n’est que dans la vérité que l’amour resplendit et qu’il peut être vécu avec authenticité. La vérité est une lumière qui donne sens et vérité à l’amour. Cette lumière est, en même temps, celle de la raison et de la foi, par laquelle l’intelligence parvient à la vérité naturelle et surnaturelle de la foi : l’intelligence en reçoit le sens de don, d’accueil et de communion ».

Ce premier passage qu’avait lu Benoit XVI à ses fidèles explique le changement d’attitude d’Arthur. Ce dernier est un homme tout aussi perdu que l’inconnu qu’il a rencontré dans les bois. Au contact de Takumi, Arthur réussit, lui aussi, à retrouver la foi et le courage pour avancer et demander pardon à son épouse.

Dans un style reconnaissable, qu’il s’agisse des différents procédés narratifs et de mise en scène, Gus Van Sant nous émeut. Son film, injustement critiqué par la presse parisienne, aborde certains thèmes chers au réalisateur : l’errance, la culpabilité, la mort, la rédemption d’un homme en quête de sens et de vérité, le pardon. Matthew McConaughey, interprétant un homme en proie aux doutes, traverse plusieurs états d’esprit, dont celui du renoncement à l’altruisme. C’est à travers le penchant philanthropique de Benoit XVI qu’il donne du sens à sa vie et qu’il fait toute la sincérité d’un récit entièrement maîtrisé par son auteur.

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