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Nerve, critique

Guillaume Blet 0

La frontière entre la vie réelle et la vie virtuelle est si mince que la jeunesse ne sait plus qu’elle navigue dans les eaux troubles des réseaux sociaux et qu’elle peut sombrer à tout moment dans une tragique réalité…

Vee (Emma Roberts), une lycéenne introvertie et sage, décide de devenir l’actrice de sa vie depuis que sa meilleure amie Sydney (Emily Meade) lui a fait des reproches sur la façon dont elle se comportait. Selon cette dernière, Vee n’est pas aussi cool, extravertie et fêtarde qu’elle n’y parait. C’est en revenant chez le domicile de sa mère (Juliette Lewis) que Vee décide de se connecter à Nerve. Elle se retrouve alors plongée dans l’univers de cette communauté en ligne et tout ce qu’elle fait est manipulé par des membres invisibles. Cette histoire n’est pas sans rappeler The Game où Michael Douglas était pris au piège d’un jeu machiavélique, faisant de sa vie un véritable cauchemar sans fin.

Cette communauté virale est-elle une manière pour Vee d’être aimé ou de se sentir exister aux yeux de ses camarades ? Est-il une envie soudaine de leur montrer ce qu’elle est réellement capable de faire ou est-il une folle envie de vivre intensément ? Autant de questions qui poussent Vee à relever des défis insensés avec un homme (Dave Franco) qu’elle vient à peine de rencontrer. D’un simple baiser à une périlleuse course-poursuite, en passant par de dangereuses scènes acrobatiques et des voyeurs qui l’observent derrière leurs écrans, Vee profite de Ian pour s’éclater sans savoir qu’elle est vue par des millions d’internautes. Et c’est sans oublier la présence des deux amis de Vee qui essayent de lui faire prendre conscience l’impact néfaste de cette communauté sur sa vie.

Si leurs parents n’ont pas vécu une telle rébellion pour passer de l’insouciance à la maturité, Vee et ses amis font partie d’une génération qui n’a plus que les réseaux sociaux pour s’émerveiller. Ils y sont entrés, car ils veulent révolutionner le modèle de vie de leurs aïeux et viser l’âge de la raison à travers des défis absurdes. S’ils ne brillent qu’avec des paris démesurés, des soirées arrosées et des tenues exubérantes, ils sont encore loin de comprendre que vivre intensément relève de la volonté inébranlable de l’homme. Ceux qui ont cet état d’esprit de développement sont plus heureux et réussissent mieux que quiconque. Parce qu’ils pensent par eux-mêmes et se détachent des étiquettes que la société leur attribue. Ce n’est pas parce qu’une communauté nous dicte des choses qu’il faut les faire.

Ultra-présents dans ce monde fait d’excès et de débauche, les membres de cette communauté profitent de la méconnaissance de Vee et de ses camarades envers les technologies pour les confronter. Et leur faire prendre d’importants risques sans leur permettre de mesurer l’impact des actions sur la vie en société.

Sans fausse prétention, mais avec une ambition inconsciente, Vee et ses camarades relèvent aveuglément les paris démesurés et la communauté Nerve leur fait prendre d’incongrus virages. Jusqu’à les faire chatouiller dans leurs micro-arrangements effervescents. La provocatrice Emily Meade, la rebelle insouciante Emma Roberts et le mégalomane Dave Franco apparaissent ici comme de simples pions dont seul l’incorrigible Miles Heizer peut renverser la partie d’un coup de doigté au sein d’un thriller invulnérable au goût amer et innovant.

Si vous appréciez ma chronique, ce serait sympa de la partager...

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