Appuyer sur "Entrée" pour passer au contenu

Mystery, critique

0

Lu Jie découvre avec stupéfaction que son mari Yongzhao mène une double vie avec une jeune femme. Elle va décider de les scruter, les poursuivre, au point de leur faire vivre un enfer. Quelques jours plus tard, alors qu’il pleut des cordes, la maitresse de son époux est renversée par une voiture. Que s’est-il passée cette nuit pour que la police refuse de croire à un accident ?

Après Love and BruisesMystery signe le retour du réalisateur chinois Lou Ye. Avec une certaine habilité et une maitrise du suspens, Lou Yee plonge le spectateur dans un thriller parsemé de mystères, de personnages troubles et d’engrenages néfastes. Il filme une histoire d’adultère dans un décor inhabituel : cette ville de Wuhan sous une pluie battante apporte au récit noirceur et complexité. En outre, le cinéaste n’hésite pas à parler du pouvoir des nouveaux riches, de l’individualisme et de la corruption des forces de l’ordre dans un pays autoritaire adepte de la censure. Sans donner de l’importance à tous ces sujets épineux, Lou Ye se concentre sur un couple perdu dans les méandres de l’amour, dont la seule issue est sa capacité à assumer une destinée tragique.

Ni film de genre ni film intimiste, Mystery se définit plutôt comme un thriller labyrinthique à la mise en scène complexe et confuse. Lou Ye confronte un mari volage à son épouse fatale et manipulatrice, sans toutefois nous tenir suffisamment en haleine. De même, la structure de l’œuvre oscille entre éclatement et linéarité. Le cinéaste cherche à ne pas trop perdre son spectateur, mais sa méthode brouille les pistes inutilement. Et rend le film trop indécis : qu’en est-il pour cette maitresse décédée mystérieusement ? Cette femme qui découvre que son mari la trompe est-elle responsable ? Cet époux essaye-t-il d’assumer son adultère ?

Lou Ye profite de son expérience de Nuit d’ivresse printanière pour filmer ses comédiens dans la plus grande intimité. Il fait le choix d’une caméra légère, comme pour proposer une mise en scène sophistiquée. Une scène d’amour illégitime est ainsi filmée de manière impressionniste. Peut-être est-elle le fruit de l’imagination de la femme trompée. Sa caméra préfère les longs travellings, fluides et aériens lorsqu’il s’agit de prendre de la hauteur. Quant à la scène de l’accident de voiture qui fait l’ouverture du film, Lou Ye n’épargne ni montage choc ni bande-son stridente pour un résultat plus vrai que nature. La mort de la maitresse embarrassante est montrée avec une emphase tragique, comme pour faire d’elle une martyre. L’intérêt réside alors dans la culpabilité de ce couple qui s’embourbe dans les désillusions de l’amour.

Si vous appréciez ma chronique, ce serait sympa de la partager...

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *