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Möbius, critique

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Grégory Lioubov, un officier des services secrets russes est chargé de surveiller les agissements d’un puissant homme d’affaire. Dans le cadre de cette mission, son équipe recrute Alice, une pointure de la haute finance. Soupçonnant sa trahison, Grégory va rompre la règle d’or et nouer une relation avec cette dernière, son agent infiltré. Nait entre eux un amour impossible qui va anéantir leur mission et les perdre à jamais…

Grégory (Jean Dujardin) est le fils spirituel du futur patron des services secrets russes. Alice (Cécile de France), une impitoyable surdouée de la finance est aussi belle que froide dans ses tenues élégantes. Ces deux agents décident de détourner les règles de leur mission. Dévorés par une passion forte, menacés par leurs propres manipulations et un danger omniprésent, ils deviennent rapidement vulnérables. Tout en s’aimant sans oser se l’avouer, attendant chacun que l’autre fasse le premier pas, ils condamnent peu à peu à leur histoire. Une romance qui n’est pas sans rappeler celle d’Ingrid Bergman et Cary Grant dans Les Enchainés. Eric Rochant s’est d’ailleurs librement inspiré du maitre Alfred Hitchcock. Contrairement à ce dernier, qui avait imaginé un long baiser pour renforcer la relation entre ses héros et leur incapacité à se détacher l’un de l’autre, Rochant préfère filmer des corps, des orgasmes et des étreintes. Comme pour faire de Möbius une oeuvre plus moderne.

Eric Rochant s’embarque dans une histoire d’espionnage sombre et alambiquée : des agents de la CIA et une organisation russe surveillent un mafieux russe (Tim Roth) sans foi ni loi, se croisant et se recroisant dans les rues et les immeubles de Monaco. Jusqu’à ce que la confrontation entre les deux héros ouvre les vannes de l’émotion, lorsqu’ils réalisent à quel point le destin (et les services secrets) se sont joués d’eux.

Mais entre histoire d’amour impossible et film d’espionnage, le cœur du réalisateur ne balance pas longtemps avant qu’il ne privilégie les sentiments des deux personnages principaux. Jean Dujardin en agent russe préfère écouter son cœur que sa raison et se retrouve très vite piégé par sa mission. Il finit par entrainer sa partenaire Alice dans sa chute. Une voie fatale et sans issue dans laquelle Möbius parvient difficilement à conjuguer romance et espionnage.

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