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Message from the King, critique

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Depuis que Dan Gilroy, Michael Mann, Nicolas Winding Refn et Quentin Tarantino ont tourné à Los Angeles, cette ville, dépeinte comme la Cité des Anges par Damian Chazelle, est vite devenue la ville des démons. À la fois fluorescente et sombre, elle est toujours sur le qui-vive. Fabrice Du Welz en profite pour la sublimer à travers la quête de son personnage taciturne dont on ne connait rien, capable de basculer à tout moment…

Tour à tour calme, mystérieux et observateur, Jacob King (Chadwick Boseman) débarque à Los Angeles, comme n’importe quel touriste happé par le soleil et le luxe, sauf que la froideur de son regard impassible indique le contraire. À peine arrivé à l’aéroport, il apprend avec stupéfaction la mort brutale et tragique de sa sœur, Bianca (Sibongile Mlambo), qui s’est installée à Los Angeles pour mener une vie de rêve avec son fils étrange. Jacob la retrouve toute défigurée, à la morgue. Attristé, mais imperturbable, il parvient à remonter la piste de trafiquants qu’elle fréquentait, notamment grâce à Kelly (Teresa Palmer), à Trish (Natalie Martinez) et à une clé cryptée dévoilant des éléments sensibles détenus par sa sœur. Jacob préfère se venger plutôt que de se référer à la justice. Il réclame du sang pour apaiser un sentiment de culpabilité qu’il ne peut étouffer. Il donne d’ailleurs en infiltrant le microcosme de sa Bianca, plongée dans les bas-fonds sordides de Los Angeles. Commence alors une guerre impitoyable et sanglante entre lui et de dangereux trafiquants.

Ici, Fabrice Du Welz évoque l’honneur et la justice sur fond de criminalité rédemptrice au sein d’un récit à l’univers calfeutré, luminescent et noir, porté par Chadwick Boseman. Remarqué dans Captain America : Civil War, l’acteur nous prouve une nouvelle fois qu’il peut frapper fort, là où ses adversaires ne s’y attendent pas. Déterminé et imprévisible, Boseman, visage lisse, apparaît comme le héros des films de Clint Eastwood, un étranger venu de nulle, parti pour ébranler les fondements de la justice et de la morale, invoquer le désordre et le génie du mal sur la terre des assassins de Bianca. Et les abattre à sa manière et à n’importe quel moment, sous le manteau même du sacerdoce.

La manière dont Jacob King défie la justice, la morale et l’univers de la criminalité avec une chaine est d’une efficacité redoutable qu’il fait monter la tension du récit. Avec habileté et nervosité. King se déplace d’une pièce à une autre tout en alliant chacun de ses adversaires à une pulpe, et ce malgré la présence d’un effroyable gangster (Lucan Melkonian) qui lui résiste.

D’un Chadwick Boseman déchainé aux paumées Teresa Palmer et Natalie Martinez, en passant par les redoutables Alfred Molina, Lucan Melkonian et Luke Evans, Fabrice Du Welz les confronte efficacement. Et laisse derrière eux des indices qui ressemblent à une conspiration malsaine que Bianca n’aurait pas du cerner.

À l’univers stylisé et aux scènes d’action minimalistes, le thriller nerveux de Fabrice Du Welz, où s’entrecroisent des personnages imprévisibles en quête d’honneur et de gloire, rappelle que la vengeance est un plat qui se mange froid. Tourné dans un Los Angeles tantôt lumineux, tantôt sombre, Message from the King ne se lésine pas sur les moyens.

Si vous appréciez ma chronique, ce serait sympa de la partager...

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