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Mean Dreams, critique

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Originaires d’une petite bourgade rurale, deux adolescents égarés sont contraints de mettre à rude épreuve leur relation affectueuse face à un choix familial. Ce dilemme crucial les amène, au fil d’une échappée intense, vers d’autres contrées reculées, là où la découverte de l’émerveillement des premiers amours, de la responsabilité d’un adulte et du désespoir de la vie en fuite les questionnera. Jusqu’à les marquer à vie. Or, les influences de certains de leurs proches ne seront pas sans conséquence sur leur destinée. Réussiront-ils à leur fausser compagnie et à survivre dans le monde des grands ?

Fraîchement débarqué dans l’État du Michigan, Wayne (Bill Paxton) prend vite ses marques. De ses combines pour mener ses enquêtes à sa fille Casey qu’il réprimande, en passant par ses liens troublants avec son chef, Wayne apparait comme un policier irréprochable et un patriarche intransigeant. Casey (Sophie Nélisse) erre chaque jour dans les bois avec son chien. Au cours de l’une de ses promenades solitaires, Casey fait la connaissance de Jonas (Josh Wiggins), un garçon taciturne et timide, et se met à flirter avec lui. Cette relation amoureuse n’est pas du goût de Wayne qui commence par la harceler avant de la corriger. Jonas décide de venir en aide à sa promise, mais l’imprévisibilité de son beau-père lui joue quelques tours. Lorsqu’il souhaite prendre la poudre d’escampette avec Casey, au grand désespoir d’un shérif sans scrupules (Colm Feore) et de son paternel (Joe Cobden), Jonas est témoin d’une chose qu’il n’aurait pas dû voir. Les deux valentins sont contraints de sillonner les routes pour échapper à l’emprise de Wayne, déterminé à assouvir une quête de vengeance. Ils n’ont plus d’autres choix que d’affronter la brutalité du monde adulte tout en appréhendant l’existence marginale et en mettant à rude épreuve leur relation, s’ils veulent (sur)vivre.

Auteur du méconnu Edwin Boyd qu’il a réalisé en 2011, Nathan Morlando confronte une jeunesse angoissée à un univers adulte complexe pour évoquer le premier amour et les premières responsabilités d’une vie en proie aux doutes. Entre ce que la juvénilité est capable de faire par amour et ce qu’elle est prête à faire par désespoir, l’homme dévoile une facette inquiétante, celle de passer de chasseur à gibier, au coeur des paysages magnifiques et vastes du nord de l’Ontario. Cette province canadienne contrastée, aussi aride que somptueuse, est le symbole de la liberté pour cette jeunesse et de la réparation pour les adultes.

En face de ces adolescents qui découvrent la réalité du monde adulte, Bill Paxton est remarquable en tout point. Il joue le rôle d’un homme à la fois brisé, brutal et déconcertant. Josh Wiggins parait bien trop affecté par la tournure des événements pour réussir sa mission : celle de s’imposer comme un grand en s’opposant à l’homme qui incarne son beau-père. Sophie Nélisse, quant à elle, crée la surprise. Elle apparait ici comme une femme désemparée et déterminée face à un magistral Bill Paxton, lors d’un final étonnement poétique.

S’ils ne sont pas aussi emportés que Bonnie et Clyde, ces deux jeunes affrontent avec courage un impitoyable Bill Paxton qui leur donne un avant-goût de ce qu’est la vie adulte. La vie est parfois douce, souvent cruelle lorsqu’un premier amour ou son existence est en jeu. Et, au-delà de cette définition, la vie n’est pas un rêve et chacun doit composer le futur avec la réalité, tragique ou non, pour forger sa personnalité.

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