Critique : Marie-Francine, un film de Valérie Lemercier - myCinéthèque Appuyer sur "Entrée" pour passer au contenu

Marie-Francine, critique

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Le cinéma doit être synonyme d’évasion et de détente. Valérie Lemercier l’a compris en signant une belle tragi-comédie aux situations drolatiques. Portée par sa bienveillance, elle pose un regard amusant et amusé sur les habitudes de vie contemporaines et intergénérationnelles…

Marie-Francine cache bien son jeu. Avec, entre ses mains, un bol breton qu’elle tient du haut de la cinquantaine, on est loin d’imaginer ce qu’elle nous pourrait nous concocter comme recette. Lorsqu’on la voit dès les premières images matinales, elle, devant la peur du néant, dépasse tout ce que l’on pouvait imaginer. Elle nous surprend, tant dans la façon dont elle compte refaire sa vie avec ce bol vide, symbole d’un divorce amer, que dans sa mise en scène simple et naturelle.

Tour à tour désorientée, gentille et perdue avec ceux qui l’entourent, Marie-Francine incarne, malgré tout, la joie de vivre. Elle irradie l’écran, par sa gentillesse, sa capacité de jouer, tout en délicatesse et en réserve. Les instants de vie qu’elle nous offre sont le reflet d’une grande bouffée d’émotion qu’on saisit sans qu’on ait le temps de découvrir où elle nous emmène. L’essentiel ne réside pas dans la méconnaissance de cet endroit, mais surtout à nous faire partager une aventure humaine, dépourvue de clichés sur une cinquantenaire en quête d’une vie nouvelle, et nous faisant vibrer au rythme de personnes singulièrement attachantes et cocasses.

Valérie Lemercier, une héroïne au coeur gros, est accompagnée pour le meilleur et pour le pire d’une troupe de comédiens hauts en couleur. Hélène Vincent et Philippe Laudenbach sont franchement irrésistibles dans la manière dont il perçoit la vie et le retour au domicile familial de l’héroïne. Leurs jugements ne sont pas toujours de bon aloi et leur cohabitation contrainte dans cette bonbonnière baroque est épique à plus d’un titre. Patrick Timsit à l’accent portugais est étonnant de bonhommie réconfortante. Il fait preuve d’une bonne humeur communicative face à une Valérie Lemercier dépassée par l’attitude compréhensive et tendre de son personnage. Entre sa cohabitation forcée avec ses parents aimants, mais envahissants, et sa rencontre inattendue avec un bellâtre humble, Marie Francine doit composer avec eux pour s’épanouir, lors d’instants simples, emplis d’humour. Et, c’est sans oublier la présence d’un ex-mari, un brin benêt, et de deux adolescentes pleines de fougue qui lui en font voir de toutes les couleurs.

De retour derrière la caméra, Valérie Lemercier signe une comédie vraie autour d’une Marie-Francine d’une gentillesse inouïe. Pleine de fraîcheur et de tendresse, l’actrice-réalisatrice conjugue à sa (bonne) façon la manière dont son héroïne peut retrouver le bonheur après avoir essuyé un divorce brutal. Pour y parvenir, Valérie Lemercier s’éloigne avec joie de toutes les tendances d’un couple stéréotypé vues, revues et usées jusqu’à la corde. Le repas sera donc allégé et simple. Son héroïne, aussi radieuse qu’une Angelina Jolie fringante, le partage, du haut de ses 50 ans, avec un homme modeste du même âge. Tous deux forment un couple simplet, loin du couple-quinquagénaire plein d’entrain. Il ne nous reste plus qu’à savourer leur repas sans modération, si l’on veut ressortir le coeur en chansons.

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