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Malavita, critique

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Avec Malavita, comédie noire adaptée du roman de Tonino Benacquista, le cinéaste et producteur Luc Besson offre à Robert de Niro, Michelle Pfeiffer et Tommy Lee Jones des rôles de mafieux et de flics qu’ils connaissent déjà par cœur…

Fort de son succès aux États-Unis (15 millions de dollars de recettes lors de son premier week-end d’exploitation), le film ploie sous les critiques dithyrambiques des journaux américains. Luc Besson a réuni un prestigieux casting afin de raconter l’histoire d’une tribu américaine contrainte de vivre en Normandie pour se protéger de la mafia qu’elle a dénoncée. Avec Robert de Niro et Michelle Pfeiffer en chef de clan, le potentiel était bien présent, mais le film lasse rapidement, la faute à un récit incohérent.

Malavita s’ouvre sur une scène violente : une famille de Brooklyn tente de se fondre dans la masse normande. Mais sa stratégie laisse quelque peu à désirer et, visiblement poussée par de mauvaises habitudes, elle ne peut s’empêcher de tuer un plombier accusé de spoliation et de faire exploser une épicerie dont le gérant n’a pas su indiquer où se trouvait le beurre de cacahuètes. Plus qu’un film traditionnel sur des gangsters mafieux qui exécutent des contrats et des trahisons, Luc Besson réalise une œuvre sur la famille et son intégration dans un pays étranger. Le paternel (Robert de Niro) s’imagine déjà écrivain et se met à compiler ses mémoires. Son épouse, interprétée par Michelle Pfeiffer, règle ses comptes dans une petite ville de l’Orne de manière détonante. John D’Leo (Warren Blake), fils respectueux, ne faire guère mieux en organisant de petits trafics au sein de son école. Quant à la fille aînée, Belle Blake (Dianna Agron), âgée de 17 ans, elle s’éprend d’un agrégé de mathématique et, en attendant de l’épouser, se défoule sur ses autres prétendants.

La caricature commence lorsque le cinéaste compare les Américains et les Français. Les premiers apparaissent grossiers et amateurs de nourritures grasses, les seconds rustres, chauvins, maitrisant à la perfection la langue anglaise. Suivant ses personnages de près, Luc Besson n’épargne personne. Après les clichés, le réalisateur est dans l’obligation d’ajouter à son histoire une bonne dose d’action pour ne pas endormir le spectateur. Par le plus grand des hasards, une copie du journal de l’école auquel Warren Blake a participé arrive dans la cellule du criminel que son père a enfermé. Commencent alors les ennuis pour la petite famille Manzoni.

Le scénario, absurde et alambiqué, ne semble avoir pour objectif ultime que de mettre en avant toute une galerie de stars, notamment Robert De Niro, plongé dans une sorte de nostalgie du temps des Affranchis, auquel il est clairement fait allusion. L’interprétation du comédien, ainsi que celle de sa partenaire Michelle Pfeiffer, n’en est pas moins bonne, et leur complicité apporte un peu de glamour à un film qui, par ailleurs, manque cruellement de logique. John D’Leo s’en tire également plutôt bien, s’imposant en petit caïd de lycée. Tommy Lee Jones, en revanche, peine à convaincre en agent fédéral chargé de la protection de la famille.

Si Malavita n’est pas dépourvu de scènes plaisantes et parvient à s’affranchir des leçons de morale classique sur la famille unie, l’histoire est néanmoins cousue de fil blanc, affadie par un scénario qui aurait dû être plus étoffé. Luc Besson reproduit, comme il sait si bien le faire, une recette commerciale imparable dont le but n’est que de conquérir des parts de marché. Son petit clin d’œil sympathique aux Affranchis, film désormais culte, ne fait que renforcer l’impression que Malavita, au contraire, ne restera pas longtemps en mémoire.

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