Critique : Magic Magic, un film de Sebastián Silva - myCinéthèque Appuyer sur "Entrée" pour passer au contenu

Magic Magic, critique

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Magic Magic est un film étouffant, fou et ambiguë. Ce qui peut déranger les spectateurs, mais le réalisateur Sebastián Silva parvient à convaincre en filmant la dégradation psychologique de son héroïne sans effets ni trucages et en évoquant la complexité des relations humaines de manière percutante et naturelle…

Cinq jeunes décident de s’exiler au Chili sur une île pendant quelques jours. Parmi ces derniers, il y a Alicia, dont Sebastián Silva s’attache à montrer la détresse. Face aux autres, la jeune femme apparaît très vite différente et réservée. L’absence d’une cousine, retardée par un examen, renforce son profond mal-être intérieur, contrainte comme elle l’est de vivre avec des gens qu’elle ne connaît pas dans un environnement inconnu.

Le cinéaste retrace la vie ordinaire de jeunes gens en quête d’aventures et d’Alicia qui ne supporte pas leur présence. Les uns (Augustin et Sara) tentent de mettre à l’aise la jeune femme et les autres (Brink et Barbara) ne la rassurent pas au point de l’effrayer. Le cinéaste aborde l’étrangeté des uns et la difficulté d’intégration des autres au sein d’un groupe. Sebastián Silva joue sur des ambiances sombres, un cadre serré et une musique chilienne anxiogène, mettant ses personnages face à une vraie maladie.

Son récit est troublant, soulignant les liens qui unissent ces quatre personnages qui n’ont presque que peu d’empathie pour Alicia. Leur vie et passé, aussi mystérieux que ceux de l’héroïne, laisse la porte ouverte à tout à tas de suppositions jusqu’aux premières hallucinations d’Alicia. Cette scène divertissante, qui déclenche la schizophrénie de la jeune fille, amorce alors un récit de plus en plus intriguant et inquiétant, à la tension croissante jusqu’à une scène finale envoûtante, qui nous plonge au coeur de la folie pure.

Il faut saluer le casting impeccable, entre une Juno Temple parfaite pour interpréter le rôle d’Alicia, le dérangé Brink (Michael Cera), la diabolique Barbara (Catalina Sandino Moreno) et la cousine absente (Emily Browning).

Avec Magic Magic, Sebastián Silva réalise un saisissant cauchemar occulte et mystique.

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