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Made in France, critique

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Quand la fiction rattrape la réalité. C’est cette phrase-choc qui caractérise le film de Nicolas Boukhrief. Un film qui fut écrit et tourné des années avant les attentats du 7 janvier (Charlie Hebdo) et du 13 novembre (Bataclan), perpétrés par une organisation terroriste. Ce film, bien qu’il s’agisse d’une pure fiction, ressemble en tout point à ce que les experts en terrorisme nous avaient expliqué sur les plateaux de télévision…

Après Gardiens de l’ordre et Le Convoyeur, où il nous avaient plongés dans l’univers d’une police et d’une société de transport de fonds en mal d’existence, Nicolas Boukhrief revient cette année avec Made in France. Un film brûlant et sensible qui nous plonge directement dans le monde d’un journaliste. Sam profite alors de sa culture musulmane pour infiltrer les milieux intégristes de la région parisienne et mieux cerner le fonctionnement de ces djihadistes. Sam se rapproche alors de quatre jeunes individus qui préparent un attentat dans Paris. Il se retrouve embarqué contre son gré dans une spirale infernale d’une extrême violence. La seule solution qui s’offre à lui pour les démanteler et tenter de s’en sortir indemne est de s’associer à la brigade criminelle.

Même si le film de Nicolas Boukhrief n’est pas un thriller d’espionnage haletant et que les personnages ne sont pas suffisamment charismatiques pour nous faire pâlir, il n’en demeure pas moins une œuvre percutante grâce à la confrontation prenante entre Malik Zidi et Nassim Si Ahmed. Les deux comédiens portent radicalement le film sur les épaules et Nicolas Boukhrief, caméra à l’épaule, les suit. Jusque dans leur dernier souffle, là où le premier va pouvoir remercier son paternel, un homme intègre, qui aime la France.

Nicolas Boukhrief nous montre à travers la vie d’un journaliste respectable ce que sont réellement les djihadistes : des hommes fêlés capables d’embrigader n’importe qui, par l’intermédiaire d’une technique de communication sournoise, et de détourner leur foi pour imposer leur loi barbare sans peur, ni regret.

Bien que parler d’un tel sujet ne soit pas facile en ces temps moroses où le gouvernement a déclenché le plan d’urgence, le film de Nicolas Boukhrief ne peut pas nous laisser dans l’indifférence générale et nous pose cette question incessante, mais importante : sans ces deux attentats, aurions-nous cru au film de Boukhrief ? Que nous nous mettions à lire (ou non) des passages du Coran ou de la Bible, la foi ne doit en aucun cas nous pousser vers les ténèbres, mais elle doit nous permettre d’aimer les un et les autres tels qu’ils sont sans les manipuler.

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