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Low Notes, critique

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La mélancolie est sournoise. Elle s’est frayé un chemin jusqu’aux quartiers résidentiels calmes et ensoleillés de Los Angeles. Laurier Fourniau met en scène le spleen palpable qui s’est immiscé dans le décor de deux étudiants d’une vingtaine d’années obsédés par la célébrité, la modernité, les femmes sublimes de la côte californienne. Et, si leur vie idyllique n’était pas toute rose derrière les paillettes ?

Laurier Fourniau nous plonge d’emblée dans le monde merveilleux de la Cité des Anges. On y fait la connaissance de deux étudiants qui promènent leur spleen jusqu’au bout de la nuit. Les propos de la jeunesse, toujours très réalistes, abordent la solitude qui habitent la plupart des étudiants de nos jours. Ici, Léon et Alexis traversent chacun de leur côté un passage important de leur vie : le premier est un étudiant qui essaye tant bien que mal de se remettre de sa rupture avec Eva pendant que le second ne pense qu’à s’éclater à Los Angeles. S’il ressent encore des sentiments envers son premier amour, Léon passe son temps à étudier la programmation neurolinguistique et à se connecter sur Tinder, un site de rencontre amoureuse. L’excentrique Alexis arrive à lui trouver d’autres occupations, comme celle de l’accompagner à des soirées nocturnes. Tous deux apprennent à se connaitre, à s’apprivoiser jusqu’à vivre une incroyable aventure, parsemée de rencontres cocasses et sérieuses. Ce périple est un combat de tous les instants. Un combat quotidien, intense et vériste, magique et sombre, d’une jeunesse désœuvrée en quête de la même chose : l’état aimé.

Laurier Fourniau soigne son premier film dont la mise en scène théâtrale est limitée, mais maîtrisée : la présentation des personnages, la musique et les séquences successives rythmées par une ambiance morose de la jeunesse. À l’image de Gia et de Sofia Coppola, Fourniau met en lumière le profond désarroi d’une jeunesse qui s’émerveille parfois, s’égare souvent devant tant de belles choses, de rencontres offertes par une société moderne. Une société dans laquelle les jeunes passent d’une personne à l’autre sans réellement avancer, ni prendre le temps de se connaitre et de se trouver. Bref, ce sont des jeunes submergés par l’indolence capricieuse de leur quotidien, où la musique souligne leur euphorie laissée à l’entrée de la ville avant que les anges ne les fassent sombrer dans une certaine oisiveté mélancolique. Cette réalité baudelairienne est triste, mais elle le serait moins si on ouvrait les yeux et profiterait de l’instant présent avec l’autre sans le calculer.

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