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Les Yeux jaunes des crocodiles, critique

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Joséphine Cortes (Julie Depardieu) est historienne chercheuse au CNRS, spécialisée dans le XIIe siècle, une thématique intéressante qui n’intéresse personne. Enfin, c’est ce qu’elle croit…

Ayant perdu son mari Antoine (Samuel Le Bihan) en Afrique du Sud, et criblée de dettes, Joséphine cache son désarroi derrière sa solitude et se consacre pleinement à élever ses deux petites filles. Trop réservée, elle apparaît si bienveillante et talentueuse que sa mère et sa sœur l’envient. De l’autre côté, Iris Dupin (Emmanuelle Béart), la sœur de Joséphine, belle, fantasque, égocentrique, sans grand talent et paresseuse, profite du confort que son avocat de mari, Philippe (Patrick Bruel) lui offre. Un jour, lors d’un dîner mondain organisé par ce dernier, Iris lance aux convives son envie d’écrire un bouquin sur le Moyen-Âge. Et persuade Joséphine de prendre la plume à sa place, en échange des gains de la vente de l’ouvrage.

Joséphine et Iris, deux frangines aux tempéraments différents que Julie Depardieu et Emmanuelle Béart interprètent à la perfection, forment un duo électrique et sulfureux où règne pourtant la confiance. Les acteurs secondaires tirent remarquablement leur épingle du jeu, notamment Alice Isaaz (La Crème de la Crème), délicieuse et charismatique dans le rôle de la fille aînée de Joséphine, et Patrick Bruel en mari observateur, bien conscient de la frivolité de son épouse.

Bâti sous forme de thriller où le machiavélisme habille la moindre scène, ce drame familial est réalisé sobrement et sans grand souffle par Cécile Telerman. Mais, le film, l’adaptation de Yeux jaunes des crocodiles, ouvrage intrigant de Katherine Pancol, à la psychologie étudiée, devient une œuvre passionnante pour le spectateur prêt à vivre les situations imprévisibles d’une famille dysfonctionnelle.

Entre la vie qu’on aimerait vivre et celle qu’on a choisie, la réalisatrice Cécile Telerman pose – comme l’auteur du best-seller avant elle – un regard éveillé et amer sur la société d’aujourd’hui, basée malheureusement sur les faux semblants et les mensonges.

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