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Les trois frères, le retour, critique

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Bernard Campan et Didier Bourdon avaient retrouvé Pascal Légitimus sur scène il y a plus de deux ans. A l’issue de la représentation, tous les trois avaient décidé de donner une suite aux Trois frères, le premier volet sorti en 1995 qui avait enregistré 7 millions d’entrées et remporté le César du Meilleur premier film l’année suivante. Les Inconnus étaient cette année très attendus par le public français…

Quinze ans après leur première rencontre fracassante, les frères Latour (Didier Bourdon, Bernard Campan et Pascal Légitimus) sont de nouveau réunis dans une suite des Trois frères tout aussi piquante et amusante que le premier volet ; celle-ci évoque avec dérision la crise et ses conséquences sur la vie de l’individu.

Le trio se retrouve une fois de plus chez le notaire (Christian Hecq) qui leur remet les cendres de leur chère et tendre maman. Leurs retrouvailles ne durent que cinq minutes et les demi-frères se séparent déjà sans prendre le temps de boire un café. Ils préfèrent retourner à leur vie pépère et leurs petites occupations quotidiennes. En pleine galère, Bernard (Campan), comédien qui a joué dans une publicité minable, se démène dans Paris pour faire la promotion de son premier one-man-show. Pascal (Légitimus), devenu le « playboy » d’une riche héritière américaine, se fait entretenir par cette dernière. Vivant chez sa femme, une vieille fille, Didier (Bourdon) continue ses mensonges et n’a que deux ambitions dans sa vie : faire du chiffre avec sa nouvelle entreprise de « sextoys » et encaisser l’héritage de sa belle-mère malade.

Comme dans Les Trois frères, ce n’est qu’une formalité administrative et légale qui va pousser les demi-frères Latour à se rapprocher et à délaisser une nouvelle fois leurs impostures. Par hasard, ils vont découvrir l’existence de Sarah (Sofia Lesaffre), la fille présumée de Bernard. Tout en retrouvant Michaël (Antoine du Merle), fils de Didier, qui a vidé son compte bancaire afin d’épouser une femme riche. Leur réunion va mettre un joyeux bazar dans leurs relations respectives.

Avec quelques répliques bien placées (« l’Obama de sarcelles » ou « le cousin raté de Jean-Luc Mélenchon ») pour souligner la différence entre riches et pauvres, le trio ressort l’humour caustique qu’il avait si bien utilisé dans le premier opus dans le but de pointer du doigt la société, les notaires, les entreprises (« le CIC devient le NIC »), le monde télévisuel et une famille bourgeoise qui, aveuglés par le profit et le confort, ne cessent de s’enrichir sur le dos des pauvres gens. Sans s’en rendre réellement compte.

Même si le scénario est presque similaire à celui des Trois frères, les têtes impayables du grincheux Didier, le nerveux businessman Pascal et l’imbécile heureux Bernard font plaisir à (re)voir, surtout lorsqu’ils touchent le fond en faisant les zouaves à la télévision ou chez les gendarmes. Sous l’influence « d’une drogue du bonheur », les trois font la paire et ont réussi leur pari : revenir au cinéma après treize ans d’absence, rester fidèle à leur style et signer une autre pépite regorgeant d’humour des années 1990, de vérité que personne ne veut entendre et d’un zeste de cynisme.

Les Inconnus, Bernard, Didier et Pascal, pourraient bien nous donner rendez-vous dans une quinze d’années quand ils seront retraités et auront besoin d’argent. Comme disait l’un des trois dans un de leur sketch : « Cela ne nous regarde pas ! ». Pour l’instant, souhaitons-leur un excellent retour.

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