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Les Têtes de l’emploi, critique

Guillaume Blet 0

Attaquer la sacro-sainte institution de l’aide au retour à l’emploi est une idée audacieuse et effrontée pour dénoncer le fonctionnement absurde de l’administration, sauf que les auteurs, Alexandre Charlot et Franck Magnier, préfèrent s’amuser des stéréotypes plutôt que de trouver un équilibre entre comédie et drame social. Enfin, presque… 

Entre l’intolérance des conseillers, les offres inexistantes et les radiations injustifiées pour faire baisser le taux de chômage, Alexandre Charlot et Franck Magnier évoquent le sujet difficile du chômage comme une saynète hilarante, portée essentiellement par un Frank Dubosc au top de sa forme, un brin malicieux en conseiller retors. Avec l’aide de ses comparses, il essaie par tous les moyens inimaginables de sauver l’emploi tout en redonnant un espoir aux chômeurs, mais il n’y parvient pas. Et, c’est sans oublier la présence d’une direction inflexible qui n’arrange pas sa petite affaire. Celle-là n’est rien face à l’inertie des pouvoirs publics tout aussi injustes avec eux qu’avec les chômeurs.

Franck Dubosc est le parfait contraire de ses comparses. Il est le seul à jouer, tout en finesse, même s’il est, quelque peu, un conseiller inflexible face à certains qu’il tente d’aider ou de responsabiliser. S’il se dévoile de cette façon, le conseiller qu’il incarne rit jaune. Elsa Zylberstein et François-Xavier Demaison, interprétant deux autres conseillers, sont encore plus indignés et méprisants que leur compère. Le combat des personnages qu’ils jouent est le même que celui des chômeurs. C’est toujours avec mépris que les vrais conseillers les considèrent, alors qu’ils les enlisent dans un bourbier dont personne n’aimerait connaitre.

Cette mésestime, souvent présente dans la vie réelle, est le reflet de la lâcheté des pouvoirs publics, déphasés par une variable dont personne ne sait si elle reflète la décadence du monde du travail, et prêts à tout pour dénigrer les chômeurs désireux de reprendre une vie normale. Le Pôle Emploi des deux auteurs est l’incarnation de la bêtise et la vulgarité humaine au sein d’un monde décadent. Leurs (nouvelles) têtes de l’emploi ne vont pas pouvoir relever le niveau de cette comédie caricaturale. Et aider le véritable Pôle Emploi à sortir la tête de l’eau.

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