Critique : Les Poings contre les murs, un film de David Mackenzie - myCinéthèque Appuyer sur "Entrée" pour passer au contenu

Les Poings contre les murs, critique

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Réalisateur de romances sur fond de rock et de science-fiction, David Mackenzie change radicalement de genre avec son nouveau film, Les Poings contre les murs, une véritable immersion dans une prison britannique pleine de désespoirs et de scènes-chocs….

À l’âge de 19 ans, Éric (Jack O’Connell), auteur d’un homicide, passe d’une prison juvénile à une prison pour adultes. Détenu surclassé, Éric espère jouer des coudes pour se faire une place parmi les autres tout aussi dangereux que lui. Cette réinsertion est une occasion idéale pour retrouver son paternel Nev (Ben Mendelsohn) qu’il n’avait pas revu depuis ses cinq ans. À l’instar de Nicolas Winding Refn (Bronson), de Kim Chapiron (Dog Pound) et de Jacques Audiard (Un prophète), David Mackenzie signe un film carcéral sombre, familial et intense qui nous plonge directement dans l’enfer des prisons et nous montre encore une fois que la loi du plus fort est bien celle qui domine entre les différents prisonniers. Pour un réalisateur, il est difficile dans ces conditions de se distinguer de la plupart des références cinématographiques, même si, en l’occurrence, la relation entre un père et un fils sera déterminante.

David MacKenzie commence par filmer l’habituelle fouille au corps et l’installation du détenu dans sa cellule. Son histoire va progressivement se différencier lorsque le père autoritaire prendra sous son aile son jeune garçon d’une animosité inouïe. Son père, loin d’être parfait, n’a cependant pas oublié son rejeton. Et joue remarquablement avec ce dernier pour lui faire comprendre que s’imposer par la rage est inutile. Connaissant et usant des techniques pour survivre dans un monde impitoyable qu’il connait très bien, Éric ne semble pas être un mauvais garçon. Perdu, il ne cesse de suivre inconsciemment les traces de son père. Comme dans Bronson, personne ne semble faire peur à Éric, qui ne craint pas non plus d’aggraver son cas.

Les Poings contre les murs, c’est également l’histoire d’Oliver (Rupert Friend), un éducateur bénévole qui voudrait aider Éric à s’en sortir. Imaginé par Jonathan Asser, le scénariste et un ancien thérapeute qui a travaillé dans des prisons londoniennes, Oliver est le dernier rempart d’humanité dans un milieu froid et sombre où les matons et les voyous cohabitent, crapules prêtes à tout pour se débarrasser des fortes têtes.

Déjà aperçu en dur à cuire dans le film d’horreur Eden Lake, où il torturait un couple d’amoureux, Jack O’Connell livre ici une prestation violente remarquée. Il donne la réplique à Ben Mendelsohn, un acteur spécialisé dans les seconds rôles et aperçu dans Animal Kingdom et The Dark Knight Rises. Rupert Friend, d’habitude adepte des rôles romantiques, est étonnant dans le personnage d’un éducateur zélé.

L’impression de déjà-vu qui domine du début à la fin le dernier film de David Mackenzie ne doit pas empêcher de suivre avec intérêt l’histoire d’Éric. Les Poings contre les murs est la preuve d’un éternel recommencement : ceux qui partent avec les mauvaises cartes en main sont presque incapables de modifier leur destin. À moins que quelque chose (ou quelqu’un) ne leur en donne le courage.

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