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Les Huit salopards, critique

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Comme à son habitude, Quentin Tarantino jette son dévolu sur de truculentes et vraies gueules du Far West. D’une ironie extrême, lors de leurs échanges interminables et vifs, ces dernières se sont retrouvées coincées dans une cabane au fin fond des montages du Wyoming. Jusqu’à déclencher une guerre sanglante et sauvage. Ce synopsis n’est pas sans rappeler celui de Reservoir Dogs, où des mercenaires s’étaient violemment battus pour découvrir celui qui les avait trahis après avoir raté un hold-up…

Quentin Tarantino s’implique politiquement en situant son western au lendemain de la Guerre de Sécession tout en faisant resurgir les fantômes d’un passé encore frais : celui de l’éternel traumatisme d’une Amérique raciste et misogyne. Ce qui donne lieu à un formidable huis clos où différents personnages que tout oppose s’affrontent et règlent leur différend de la meilleure manière qui soit. Autour d’un règlement de compte jouissif qu’il orchestre à la perfection, Tarantino tient ses promesses en nous gratifiant d’une réflexion historique intelligente et d’un hommage revendiqué par des clins d’œil à The Thing (1982). Un film dans lequel les longues séquences prennent aujourd’hui tout leur sens pour les plus grands fans de John Carpenter et de Quentin Tarantino.

Pendant plus de trois heures de plaisir, le nouveau cru de Quentin Tarantino est bel et bien un huis clos sanglant et sauvage, porté par des comédiens au sommet de leur art (Bruce Dern, Demian Bichir, Jason Leigh, Jennifer Walton Goggins, Kurt Russel, Michael Madsen, Samuel L. Jackson, Tim Roth), et soutenu par un scénario aux dialogues décapants et incisifs.

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