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Les Figures de l’ombre, critique

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Apprécier la réussite et le courage d’un être humble est une vertu qui se raréfie de nos jours. Margot Lee Shetterly, auteure du livre des Figures de l’ombre, lui rend hommage de la meilleure des manières qui soit. Sans être prédicatrice ou revendicatrice, la romancière fait l’éloge de trois Afro-Américaines à la fois braves, douées et modestes. Dorothy Vaughn, Katherine Johnson et Mary Jackson décident de révolutionner le monde de l’aéronautique avant que leurs collègues machistes ou les Soviétiques le fassent à leurs places. Arriveront-elles à relever cet exploit tout en s’affranchissant des lois ségrégationnistes ?

Prenant pour appui sur le livre de Margot Lee Shetterly, Theodore Melfi raconte l’histoire de ces trois Afro-Américaines qui officient dans le département informatique de la NASA. Elles développent depuis les mathématiques le programme spatial, permettant aux États-Unis d’être le premier pays au monde à envoyer un homme sur la Lune. Pour mettre en place ce projet audacieux, Dorothy Vaughn (Octavia Spencer) commence par résoudre des équations mathématiquement complexes avant de pousser plus loin ses investigations. Lorsqu’elle essaye d’accéder à des dossiers confidentiels, sa collaboratrice Vivian Michael (Kirsten Dunst) lui refuse l’accès. Brillante mathématicienne, Katherine Johnson (Taraji P. Henson) jongle entre les exigences de son directeur Al Harrison (Kevin Costner) et son rôle majeur dans l’élaboration dudit projet. Mary Jackson (Janelle Monae), une informaticienne talentueuse, ne peut pas aider ses deux amies.

Ces trois femmes avancent, progressent, surmontent les difficultés pour atteindre leurs objectifs : celui d’être l’égal de leurs collègues masculins et celui de participer au développement d’un programme spatial. Devenue responsable du service informatique à la suite de ses travaux prometteurs, Dorothy Vaughn supervise ses théorèmes sur des ordinateurs puissants. Avec Katherine Johnson, elle démontre constamment leurs compétences et leur importance face à l’outil informatique. Mary Jackson, toujours à l’affût, se bat pour décrocher une formation et faire valoir ses droits.

Entre Dorothy Vaughn et Mary Jackson, c’est le plus souvent Katherine Johnson qui est mise en avant par Theodore Melfi. En tant que mathématicienne la plus talentueuse de tous les ordinateurs, son directeur Al Harrison la fait rentrer dans un petit groupe prisé des ingénieurs de la NASA, au grand dam de l’équipe. Même si Johnson démontre sans cesse ses compétences, elle doit toujours prendre ses pauses dans des endroits réservés aux Afro-Américains. Au fil de ses travaux, elle gagne peu à peu la confiance de ses pairs, en particulier celle de l’astronaute John Glenn (Glen Powell). Avec ses amies Dorothy Vaughn et Mary Jackson, Katherine Johnson est bel et bien à l’image du film. Elle est une figure dans l’ombre, affublée d’une paire de lunettes et de robes peu flatteuses, ayant mis la femme au même pied d’égalité de l’homme et propulsé la mission de l’astronaute au plus haut sommet de l’espace.

Tapies dans l’ombre, ces trois Afro-Américaines usent de leurs connaissances pour marquer le monde et Theodore Melfi leur rend un sobre hommage. Avec sa coscénariste Allison Schroeder, il apporte à ces trois Figures de l’ombre la lumière : celle qu’elles espèrent depuis des années. Et celle qui nous permet de nous illuminer sur le monde. Parce que derrière chaque apparence se cache un trésor susceptible de faire grandir, mûrir le monde. À nous de le trouver.

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