Appuyer sur "Entrée" pour passer au contenu

Les Adieux à la reine, critique

0

En 1789, à l’aube de la Révolution, Versailles continue de vivre dans la désinvolture et la légèreté, loin de cette clameur qui gronde Paris. Quand la nouvelle de la prise de la Bastille arrive à la Cour, les nobles et serviteurs s’enfuient. Mais Sidonie Laborde, une jeune lectrice entièrement dévouée à la reine, ne veut guère croire les rumeurs qu’elle entend. Protégée par Marie-Antoinette, rien ne peut lui arriver, si ce n’est qu’il ne lui restera plus que trois jours pour connaitre la reine…

À quelques jours d’une période cruciale de l’histoire de France, Benoît Jacquot adapte le roman Les Adieux à la reine de Chantal Thomas. Il suit le destin de Sidonie Laborde qui ne vit que par procuration dans le but de plaire à Marie-Antoinette, idole pour laquelle elle renonce à tout. Fascinée par la Cour, la beauté et la grâce de la reine, son admiration obsessionnelle, interrompue par la prise de la Bastille, fut marquée par la césure brutale entre l’Ancien Régime et la France moderne. À travers la vie de ses personnages, Benoît Jacquot évoque leurs appréhensions, la fin de la royauté, de la société d’ordre et des privilèges. En l’espace de quatre jours, il fait passer Laborde comme l’otage de l’insurrection.

Le personnage de la lectrice apporte un autre regard sur ce pan de l’histoire. Pour mettre en scène l’image d’un monde en train de basculer, Benoît Jacquot s’entoure d’un casting séduisant, Léa Seydoux en tête. Dans le rôle de la courtisane éblouie par Marie-Antoinette, l’actrice est envoûtante. Une reine manipulatrice à qui Diane Krüger prête ses traits. Attirée par l’intrigante Gabrielle de Polignac (Virginie Ledoyen), la souveraine n’hésite pas à sacrifier sa lectrice dans l’intérêt de sa bien-aimée. Entre ces trois femmes se dresse l’histoire d’une société, cloîtrée dans sa bulle, qui ne voit rien venir et n’entend rien.

Benoit Jacquot avoue avoir été captivé par ce passage romanesque : « c’est le Titanic, cette histoire ! Une espèce de navire considérée comme le plus beau bâtiment du monde qui soudain, en une nuit, commence à prendre l’eau, puis à couler, en déclenchant une panique formidable ».

Loin de l’image d’un Versailles grandiose et somptueux, Les Adieux à la reine montre un château pourrissant et gangrené par le délabrement, reflet intérieur de la désintégration de tout un état.

NDR : Les Adieux à la reine – Diffusé le 19 mars 2013 – Canal Plus.

Si vous appréciez ma chronique, ce serait sympa de la partager...

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *