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Le temps de l’aventure, critique

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Une journée. Un train. Deux êtres. Des échanges de regards, le cœur qui bat. Le regarder partir, le perdre à tout jamais ou s’offrir au temps de l’aventure ? Et si la vie d’Alix basculait…

Tout commence par cette journée où tout semble possible pour Alix. La jeune femme ne connait pas encore son chemin, comme si son sort était suspendu à un répondeur téléphonique. Peut-être même que l’homme qu’elle aperçoit dans le train a déjà saisi dans ses yeux quel sera son destin. Pour Alix, l’aventure n’est que physique, mais cet individu est bien plus : un partenaire doux et attentionné. N’est-ce pas une échappatoire qui s’offre à Alix pour lui permettre de s’extraire un instant de sa banale vie d’adulte ? À travers de simples regards et quelques gestes, Jérôme Bonnel filme une relation extra-conjugale extrêmement pudique entre deux êtres égarés pour révéler la routine du quotidien chez l’une et le manque de communication de l’autre.

Ce qui pourrait n’être qu’une simple histoire d’adultère, comme une parenthèse à peine ouverte sitôt refermée, se mue peu à peu en quelque chose de plus profond : Alix et cet homme s’aiment de manière réciproque. Le film s’attache à mettre en lumière ses personnages et flirte brillamment avec leurs sentiments.

Jérôme Bonnell nous laisse entrevoir comment Gabriel Byrne en amoureux transi et Emmanuelle Devos en femme sensuelle, forte et fragile, déterminée et perdue, lucide et instinctive, sont déjà en osmose, faits l’un pour l’autre, fusionnés dans une délicatesse attentive à l’autre. Des horizons s’ouvrent, une histoire esquissée se prolonge dans les rendez-vous secrets et les mensonges. Cela ne saurait ternir l’instant de grâce offert par l’homme à cette femme émouvante, submergée par son inéluctable désir d’aimer. Un instant intense et poignant qui va la poursuivre jusqu’à transformer son rapport avec les autres.

Réalisé par Jérôme Bonnell, Le Temps de l’aventure est une belle rencontre au sommet avec les sentiments. Le portrait lumineux d’une femme partagée, incapable de mentir, instinctive, qui honore l’éphémère, en rendant les spectateurs complices de son histoire.

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