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#10 – Le téléchargement illégal peut-il nuire au cinéma ?

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Alors que le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) est rassuré avec ses 18 millions d’entrées pour octobre, certains producteurs sont agacés par ce chiffre. Ils remettent en cause sur les réseaux sociaux le fonctionnement du CNC tout en évoquant leurs difficultés à produire des films face au téléchargement illégal. Peuvent-ils arrêter d’afficher leurs mécontentements et cerner les enjeux avant de trouver un juste équilibre avec le CNC ?

En 2014, Julia Reda, députée européenne du Parti Pirate, a demandé à la Commission européenne de débourser la somme de 360 000 euros pour permettre au cabinet néerlandais Ecorys d’établir une analyse statistique sur les effets du piratage. Finalisé en mai 2015, ce rapport de 304 pages, resté jusqu’à ce jour confidentiel, nous apprend qu’il n’existe aucune preuve fiable qui prouve l’impact néfaste du piratage sur les ventes des films. Il n’y a pas non plus de preuve qui prouve l’effet bénéfique du piratage sur la grande majorité des films, excepté les grosses productions hollywoodiennes (pour 10 d’entre eux regardées illégalement, 4 de moins sont visionnées au cinéma). Autrement dit, le téléchargement illégal ne représente que 40% du marché de ces grosses productions. Les petites et moyennes productions se porteraient à merveille.

Pourquoi le rapport de la Commission européenne est-il resté dans les tiroirs pendant une année ? Pourquoi le CNC et les producteurs ne prennent-ils pas en compte ce rapport pour trouver un accord entre qualité et rentabilité ? Pourront-ils trouver un jour un compromis ? Le voudront-ils ? Les sociétés de production utilisent-t-elles des canaux sécurisés pour garantir la confidentialité de leurs oeuvres ? Bref, le lien entre le CNC qui participe à la création des films, les partenaires associés à la production ou à la distribution, les producteurs qui financent les films et la vente des films peut-il rester flou aussi longtemps que possible ? Si aucun équilibre et transparence n’est fait sur les données de ladite Commission européenne, la colère risque de gronder pendant quelques temps chez les spectateurs de classe moyenne.

Cet article ne remet absolument pas le travail effectué par les producteurs français qui créent la diversité et la richesse culturelle, mais il essaie de comprendre l’absence de coopération entre les différents acteurs et les véritables enjeux du cinéma moderne.

Sources : https://thenextweb.com/ et https://juliareda.eu/.

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