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#11 – Le pouvoir magique d’exprimer un non pour un oui au cinéma

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L’année 2017 est révolue et celle de 2018 vient de commencer depuis plus d’un mois. Avec cette nouvelle année, l’espoir de retrouver dans les salles obscures de grands moments de cinéma est la chose qui nous donne envie de rêver, de sourire, bref de s’émerveiller devant le grand écran. Petit tour du propriétaire de ce qui nous attend cette année et, croyez-moi, cela démarre fort, très fort, d’autant plus qu’on se demande si les premiers films vont continuer à nous régaler autant que les coups de coeur…

Découvrez les films à voir sans voir :

Horse Soldiers est un « thriller » de guerre patriotique, où 12 soldats américains téméraires ont mené une quête aussi chevaleresque que périlleuse en plein désert afghan.

Symbole d’une fratrie unie, les Tuche dont l’humour n’est pas très fin, parvient à nous toucher grâce à leur audace et à leur culot. On se demande même si le patriarche, incarné par Jean-Paul Rouve, tiendra jusqu’au bout de son mandat pour le moins insolite.

Alimenté par une énergie sans faille, Connie compte libérer son frère de la prison. Pour y arriver et réunir les moyens humains nécessaires à son plan d’évasion, il décide de s’immiscer dans les bas-fonds new-yorkais. A peine enlisé dans la fange, l’énergique Connie, quelque peu naïf, se laisse influencer par des petites frappes et son immersion prend au fil de sa quête une tournure violente, même si sa volonté à s’extraire de cette violence et à libérer son frère demeurent intactes. Résultat de Good Time : Connie court dans tous les sens et nous perd facilement dans les méandres des rues new-yorkaises.

Porté par une interprétation sobre de Mathieu Kassovitz, Sparring narre l’histoire d’un boxeur déchu qui signe sa rédemption en remontant sur le ring, mais qui parvient difficilement à laisser éclater sa rage de vaincre, lors de confrontations risibles. Le comédien est sans cesse dans l’expectative, tenu par l’irrépressible besoin d’échapper aux angoisses du boxeur chétif qu’il incarne.

Au coeur d’une longue saga d’anticipation pessimiste, intitulée Le Labyrinthe, Thomas et ses amis achèvent leur mission sans révéler tous les tenants et les aboutissants de ce qui les lie à une société secrète : Wicked. Cependant, leur quête reste un bon divertissement à voir un dimanche soir, lors d’une soirée hivernale ou oisive.

Avec Le 15H17 pour Paris, Clint Eastwood revient sur l’attentat déjoué dans un Thalys Amsterdam-Paris, le 21 juillet 2015. Au lieu de mettre en scène un « thriller-hommage » haletant, nerveux et précis, Clint Eastwood nous assomme en s’éternisant sur la jeunesse de ses trois héros, déterminés à sauver leur amour porté à la patrie, dont un Allemand se servira pour rétablir une certaine équité entre l’Amérique et l’Europe de l’Ouest.

L’infidélité, la dépression, le désir, les flâneries sans aucun but, les relations amoureuses quasi impossibles, les remises en question, etc., sont les thèmes fétiches de Woody Allen. Avec Wonder Wheel, son nouveau film, le cinéaste tourne une nouvelle fois sur lui-même, puis en rond, et nous fait dormir durant la séance.

S’ajoutent à la liste d’autres métrages sociaux édulcorés (Ami-amiBrillantissimeNormandie Nue) et prétentieux (24H Limit3 Billboards, Les Panneaux de la vengeanceDownsizingLa Promesse de l’aubeLes Heures sombres). Dans ces productions, la plupart des personnages reflètent l’idéalisme et le patriotisme en quête d’amour de soi, d’impétuosité ou de gloire. Mais aucun d’entre eux, excepté Gary Oldman dans la peau de Winston Churchill, n’a fait preuve de modestie pour réussir à jouer efficacement son rôle.

The Passenger est une copie de Non-Stop, où Liam Neeson est à nouveau contraint de retrouver un individu dont personne ne semble voir, non pas dans un avion, mais dans un train. La monnaie de leur pièce, quant à lui, est une comédie sociale étrange, où se confrontent de jeunes adulescents, quelque peu méprisants envers l’un des leurs, à des situations embarrassantes et pathétiques.

Découvrez enfin les coups de coeur :

  • Kedi – Des chats et des hommes :
    • « (…) Elle signe une déclaration d’amour réconfortante pour l’âme tout en montrant à quel point l’animal peut être un formidable remède à l’homme (…) »
  • Tout l’argent du monde :
    • « (…) Même si l’adaptation comporte des défauts de narration, notamment des divergences d’intérêts entre les protagonistes, elle reste néanmoins un « thriller » intense et passionnant sur le capitalisme et sur ses conséquences réelles (…) »
  • Le Grand jeu :
    • « (…) Aaron Sorkin qui l’observe livre un drame biographique fascinant, où l’intelligence l’emporte sur l’héritage et l’intégrité (…) »
  • Le Rire de ma mère :
    • « (…) L’histoire simple d’un jeune garçon tourmenté par la maladie d’un de ses parents nous touche par sa générosité et sa sincérité (…) »
  • The Greatest Showman :
    • « (…) Derrière ses paillettes se dessine une ode musicale à la bonté, où l’art le plus noble est celui de rendre heureux tout en apportant couleur, joie et rêve à un monde agité (…) »
  • Pentagon Papers :
    • « L’intrigue de Steven Spielberg n’est pas aussi pantelante que Spotlight, mais reste néanmoins fascinante, en particulier sur le lien indéfectible qu’elle entretient avec des faits politiques réels (…) »
  • Non :
    • « (…) Le non, prononcé par un Ximun Fuchs qui ne recule devant aucun obstacle, est un cri de désespoir qui sonne comme une rage de vivre, (…) »

Nous n’avons pas pu visionner Wonder et Stronger en raison de la mauvaise programmation de quelques complexes saisis, eux aussi, par l’amour-propre. Pour ces complexes, diffuser des oeuvres idéalistes ou patriotiques diluées est toujours plus rentable que de relayer des coups de coeur authentiques, humains, sincères et sobres.

Si vous appréciez ma chronique, ce serait sympa de la partager...