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#2 – Le festival de Cannes, la fin d’une joyeuse parenthèse

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Qu’est-ce qu’est réellement le festival de Cannes ?

C’est un excellent moyen de vivre sa passion du grand écran au rythme de la Croisette et d’aller y boire un café avec Mister Nespresso, alias George Clooney, à la sortie des projections. Non, j’exagère, je vais en faire enrager plus d’un enfant gâté, né dans les étoiles du cinéma. N’empêche, le cappuccino de George Clooney est délicieux. C’est aussi d’autres choses insoupçonnées à découvrir pour un amoureux de la culture comme moi. Apparaissent des représentations de films en compétition et des oeuvres projetées dans les sections parallèles du festival, notamment celle d’un certain regard et de la quinzaine des réalisateurs, des soirées festives, des conférences avec les équipes des films, etc. Seule restriction, la rencontre avec ces équipes est réservée sur invitation. C’est ennuyeux, mais ce n’est pas grave, car arpenter le boulevard de la Croisette et la plage tout en faisant des pauses au soleil me convient tout autant qu’enchainer des journées dans le noir.

Placé dans la foule, je me suis rendu compte que je ne vais finalement pas voir grand-chose du spectacle : les photographes et les équipes techniques du festival se présentent en costume.

La musique résonne : la montée commence enfin.

Catherine Jacob, Julie Gayet et Michel Hazanivicius arrivent les premiers en haut des marches. Défilent ensuite sur le tapis rouge le président Nanni Moretti et son jury Alexander Payne, Andrea Arnold, Diane Kruger, Emmanuelle Devos, Ewan Mc Gregor, Hiam Abbass, Jean-Paul Gaultier et Raoul Peck.

Se montre par la suite l’équipe du film Moonrise Kingdom, représentée par les très élégants Wes Anderson et Bruce Willis, en haut des marches. Les autres célébrités, quant à elles, apparaissent au compte-goutte avant de se pavaner, elles aussi, sur le célèbre tapis rouge et de laisser place à Jackie Chan, sourire aux lèvres, qui excelle dans son éternel rôle de zouave. Classe !

Durant les instants ensuivants au bout desquels les personnalités du festival se sont présentées sur le tapis rouge, je me suis empressé de sortir mon téléphone pour faire vivre la montée des marches à une cinéphile en quête de l’étrangeté. Ouf. Les projections et les tables rondes arrivent : Wes Anderson et Bruce Willis, Jacques Audiard, Marion Cotillard et Mathias Schoenaerts, Alexandre Desplat et Matteo Garrone se présentent à nous pour nous présenter respectivement Moonrise Kingdom, De rouille et d’os et Reality.

D’autres films se sont également dévoilés sous nos yeux sans que nous puissions accéder aux conférences avec leurs équipes. Se trouvent parmi ces productions A perdre la raison (Joachim Lafosse), Après la bataille (Yousry Nasrallah), Des hommes sans loi (John Hillcoat), La Part des Anges (Ken Loach), Mystery (Lou Ye) et Paradis : amour (Ulrich Seidl).

Guillaume Blet

Des sourires de vedettes qui s’affichent devant les caméras et les flashs des médias, des musiques éclectiques qui s’alternent pendant la montée des marches ou des discussions qui s’animent, lors des tables rondes, sont autant de choses qui nous aveuglent la vue. Glamour et élégance, tel est l’univers de la Croisette.

Derrière ces personnalités de la Croisette se cache une autre lumière.

Bien plus naturel que celle qui les éblouit aveuglément, le soleil de la plage est idéal pour se promener, casquette festivalière sur le crâne, se restaurer avec l’ami Big et son frère Mac Finley, bref faire des pauses entre chaque projection.

Cela dit, mes yeux et mon cerveau ne peuvent qu’être soulagés des grands écrans et se remettent encore de ce que j’ai partagé et visionné avec cette cinéphile étrangère et mes deux amis de la plage. Et, au-delà de ce souvenir marquant, se dessine le visage d’un homme qui s’est offert une joyeuse parenthèse qu’il s’est permis d’ouvrir pour brunir et de refermer pour recouvrer le cours normal des choses. La phrase de Michel Montaigne prend ici tout son sens pour cet homme discret et modeste : « on ne sera jamais assis que sur son siège ».

Vive le festival de Cannes, tout en finesse et en modestie !

Vous pouvez découvrir la première partie de mon aventure cannoise dans cette première page.

Propos imaginé par Guillaume Blet le 27 mai 2012.

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