Appuyer sur "Entrée" pour passer au contenu

Le Coeur des hommes, critique

0

Il est difficile, en voyant la trilogie du Coeur des hommes de Marc Esposito, de ne pas penser aux films d’Yves Robert, qui signait déjà avec Un éléphant, ça trompe énormément et Nous irons tous au paradis des variations autour de quatre amis inséparables. Mais là où Robert cultivait le burlesque, Marc Esposito, lui, confère à son travail une maturité et une gravité inattendue…

Dans le premier volet, Marc Esposito suivait le parcours de ces personnages qui, campés par les comédiens Gérard Darmon, Marc Lavoine, Bernard Campan et Jean-Pierre Darroussin, se confiaient, se tenaient chaud, s’amusaient ou s’engueulaient, bref, incarnaient l’amitié à l’état pur. Ses dialogues caustiques et sa manière de filmer cet étonnant quatuor nous avaient surpris à l’époque. Dans le deuxième, le cinéaste reprenait les mêmes personnages auxquels le spectateur s’était attaché en introduisant une certaine mélancolie.

Ici, Éric Elmosnino remplace Gérard Darmon. L’interprète de Gainsbourg : Vie héroïque joue le rôle de Jean, un fonctionnaire du Ministère des Sports. Lors d’une séance de footing, Jean fait la connaissance de Manu (Jean-Pierre Darroussin) et d’Alex (Marc Lavoine) grâce à son collègue Antoine (Bernard Campan). De confidences en sourires, le trio redevient un quatuor, retrouve de nouvelles épreuves à surmonter et des joies à apprécier. Marc Esposito parvient à émouvoir en faisant monter la tension dramatique de chaque aventure et en invitant les spectateurs à entrer dans l’intimité de personnages qui se dévoilent progressivement.

Marc Esposito ne tombe pas dans le piège du copié-collé de ses précédents opus. Tout en respectant les codes de la trilogie (la célèbre introduction musicale I’ll stand by you, les repas festifs entre copains, les après-midi familiaux, les relations amoureuses qui sont toujours aussi compliquer à gérer, le week-end à Cabourg, la conclusion autour d’une piscine), il introduit aussi de nouveaux rebondissements, notamment la rupture d’une amitié de trente ans, l’arrivée d’un nouveau protagoniste, la maladie ou encore la paternité.

Ces quatre hommes dépeints par Marc Esposito sont devenus, au fil des films, familiers et attachants. Sans être caricaturaux, ils représentent l’homme du XXIe siècle à la fois angoissé, colérique, infidèle, fragile et romantique.

D’aucuns reprocheront au film la lourdeur des dialogues. C’est pourtant un film généreux que réalise là Marc Esposito, s’appuyant sur un brillant quatuor capable de communiquer le rire comme les larmes. L’essentiel est là, dans le partage des instants simples et sincères. À l’image de la trilogie du Coeur des hommes.

Si vous appréciez ma chronique, ce serait sympa de la partager...