Appuyer sur "Entrée" pour passer au contenu

#3 – La vie des gens, l’hymne à la vie de Françoise Lainé

0

Saison après saison, la pétillante Françoise Lainé, une infirmière libérale, redonne un véritable sens à La vie des gens. Avec humour et tendresse, elle soigne nos aïeux tout en leur redonnant la joie de vivre et en les incitant à préserver leurs vies sociales. Françoise Lainé et Olivier Ducray vous invitent à découvrir les premières images du film-documentaire et le second répondra à mes questions…

Ce qui m’a plu en regardant votre film est le bel hommage que vous (Olivier Ducray) rendez au corps médical, des hommes et des femmes de l’ombre, qui redonnent vie à des retraités. Sans ces derniers, on n’existerait pas pour parler d’isolement social et de solitude. Si la société ne change malheureusement pas d’état d’esprit, il y aura de plus en plus de personnes seules, quels que soient l’âge, le statut et les origines.

Guillaume Blet : Avec La vie des gens qui aborde la solitude et l’isolement social, est-ce que vous pensez que chacun changera de mentalité ?

Olivier Ducray : Le film aborde en effet ces questions, mais c’est aussi un hymne à la vie, même si c’est la vie qui reste lorsqu’on atteint le grand âge. Françoise Lainé, l’infirmière, est résolument du côté de la vie. Je serais évidemment très heureux que le film attendrisse le regard que l’on porte sur nos parents, nos « vieux » ou nous-même. Et que les pouvoirs publics prennent conscience du rôle primordial du soignant, auxiliaire de vie inclus bien sûr, dans le lien social et affectif qu’il assure là partout où ce lien est devenu sinon inexistant, au moins fragile ou plus rare.

Guillaume Blet : À défaut de changer ces mentalités, votre film fera-t-il réfléchir davantage les gens autour de nous, comme pour mieux les sensibiliser au vrai problème de la société que vous traitez dans votre film ?

Olivier Ducray : Oui, je l’espère. Avec mes producteurs Hervé Houssou et Bertrand Guerry, nous avons l’ambition présomptueuse de faire un film beau et utile pour nourrir la réflexion des uns et des autres sur les questions de la dépendance, du maintien à domicile et du « bien vieillir ». Parce que les gens sont beaux, pour peu qu’on prenne la peine de les regarder et de les écouter.

Guillaume Blet : Ce n’est pas seulement la solitude de nos aïeux que vous traitez dans votre film, mais aussi l’isolement social qui concerne les chômeurs, les handicapés, les invalides. Qu’en pensez-vous ?

Olivier Ducray : Évidemment, en creux, on pense à tous les autres, tous ceux qui, quel que soit leur âge, n’ont pas la chance d’avoir une infirmière ou une aide à domicile pour venir les « redynamiser » chaque jour. Mon film met en lumière nos ainés, je ne pouvais pas tout traiter. Et, au-delà de la solitude, il y a cette question du grand âge avec tout ce que ça sous-entend qui m’intéressait particulièrement. Mais il y a bien d’autres situations de dépendance et d’isolement social, hélas, évidemment.

Guillaume Blet : Avez-vous l’ambition de faire voir votre film aux politiciens, de gauche comme de droite, pour mieux les sensibiliser à ce fléau (la solitude et l’isolement social) s’ils ne font rien ?

Olivier Ducray : Le film est apolitique. Il n’est ni de droite ni de gauche. Je pense qu’il propose un portrait frontal et sans concession de cette partie de la population amenée à représenter une part de plus en plus importante de la population globale. C’est un problème économique et sociétal majeur et nos dirigeants, quels qu’ils soient, en ont de plus en plus conscience. J’espère que ce film pourra contribuer à nourrir leur réflexion avec le paramètre le plus essentiel et pourtant pas toujours le mieux considéré, le paramètre humain. Dans La vie des gens, il est d’abord et surtout question d’humanité.

Guillaume Blet : Avez-vous organisé une projection réservée aux personnels des hôpitaux pour qu’ils donnent leurs avis sur le thème que vous traitez dans votre film ?

Olivier Ducray : Nous sommes soutenus par le milieu de la santé (Assystel, l’équipe de CBA et d’infirmiers.com, MACSF et Urgo Medical). Nous envisageons évidemment de diffuser largement le film auprès des acteurs de la santé, notamment les IFSI qui semblent particulièrement réceptifs et désireux de le partager avec les étudiants. Je ne veux pas pour autant que l’on réduise l’audience du film à une audience professionnelle. Le grand public et les plus jeunes doivent voir le film : les avant-premières nous ont montré de manière magnifique qu’il pouvait toucher, faire rire et émouvoir tout le monde.

Guillaume Blet : Au regard de votre parcours professionnel, nous constatons que vous êtes un homme actif et dynamique dans le domaine de l’audiovisuel. Qu’est-ce qui vous a motivé le plus pour passer du court au long-métrage et écrire cette histoire qui vous a touché ?

Olivier Ducray : Le thème de la solitude a toujours été au cœur de mon travail. J’ai beaucoup d’affection pour les personnes âgées. Je cherchais un moyen d’aborder ces sujets, en prolongeant mon court-métrage Champagne et en réalisant un film grand public qui surtout ne serait pas larmoyant ou plombant. La rencontre avec Françoise est le point de départ. De par son tempérament, son humour et sa joie de vivre, il a été évident qu’elle était le personnage parfait pour un long-métrage documentaire, la porte d’entrée idéale vers des mondes touchants et drôles ; parce que les « vieux » souffrent parfois. Mais ils ne sont pas tristes, loin de là, ils ne demandent qu’à se marrer avec nous !

Guillaume Blet : Envisagez-vous de faire une suite de La vie des gens pour relater la vie d’autres personnes (chômeurs, handicapés, invalides) qui souffrent tout autant de solitude que les retraités ?

Olivier Ducray : Je ne sais pas. Je ne veux pas m’enfermer dans un seul genre. Je viens de la fiction, et plus spécialement de la comédie, j’ai d’autres sujets que je veux traiter. Cela dépendra de rencontres et d’une éventuelle prochaine évidence ! Mais bien sûr, ce sont des problématiques auxquelles je suis sensible. Après, l’immersion dans un milieu méconnu ou non valorisé, comme c’est le cas des infirmiers libéraux, et les portraits, sont mes registres de prédilection.

Guillaume Blet: Avez-vous (ou travaillez-vous déjà sur) d’autres projets de films après La vie des gens ?

Olivier Ducray : Oui, j’ai travaillé pour d’autres en tant qu’auteur. Pour moi, je l’espère en tant qu’auteur et réalisateur, mais il est trop tôt pour en parler. Je veux me consacrer d’abord à porter le plus loin possible La vie des gens. Les soignants et leurs patients méritent plus qu’amplement l’hommage que le film leur rend… Merci à vous !

Propos recueillis par Guillaume Blet le 25 février 2015.

NDR : Olivier Ducray construit pas à pas sa carrière d’auteur et intervient régulièrement comme rédacteur. Il cosigne, entre autres, le scénario d’Un tocard sur le toit du monde avec l’auteur Nadir Dendoune (projet en développement soutenu par le Centre national du cinéma et de l’image animée).

Si vous appréciez ma chronique, ce serait sympa de la partager...

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *