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La Tête haute, critique

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Après avoir fait l’ouverture du festival de Cannes, La Tête haute d’Emmanuelle Bercot est un drame centré sur la relation entre un parent et son enfant turbulent ainsi que sur un système judiciaire infaillible…

Dans La Tête haute, c’est le plus souvent la tête basse, encombrée d’une casquette ou d’une capuche, qu’apparaît Malony (Rod Paradot). Il est un adolescent à la fois autodestructeur, excessif, vif et violent. Quand sa mère Sévérine, paumée et interprétée par Sara Forestier, l’amène pour la première fois devant le juge pour enfants (Catherine Deneuve), il n’a que 6 ans. C’est le début d’un très long parcours de délinquance et d’une succession de rendez-vous dans le bureau de ladite juge, dont la mission n’est pas de tout repos…

À 16 ans, Malony passe son temps à faire du rodéo sur des parkings. S’il ne vole pas les voitures ou s’il est contrarié par ses professeurs, Malony se livre à des violences compulsives que sa mère est bien incapable de maîtriser. Sa vie de délinquance semble être toute tracée et s’inscrire dans les gènes de son père et de son grand-père. Deux hommes dont sa maman préfère éviter de parler devant la juge. Comment Séverine d’une fragilité psychologique va-t-elle rester forte avec à sa charge un fils au comportement agressif et un autre plus calme ? Malony peut-il espérer avoir un avenir meilleur, de même pour cette mère dépassée par les événements de son fils ?

Que Malony soit placé dans une institution spécialisée, dans un centre éducatif clos dans une prison juvénile, rien ne va l’épargner. Il est d’ailleurs impossible pour cette juge intransigeante d’une autorité (presque) sans faille de le soustraire à ces sanctions. Si cette dernière décide de punir Malony, elle ne le fait jamais gratuitement. À chaque fois que tombe un de ses verdicts se met en place, autant que faire se peut, un système permettant à Malony de s’échapper de son passé de délinquant, même si ses relations qu’il noue avec ceux qui essaient de l’aider sont compliquées.

Parmi les relations que Malony va avoir au fil de son récit, seules trois personnes vont croire en sa réinsertion sociale. La juge (Catherine Deneuve) qui lui tend littéralement la main, lors d’une scène émouvante. Le garçon reconnaissant va la remercier en lui offrant un caillou. Un éducateur (Benoît Magimel) dont le parcours a été tout aussi difficile que celui de son petit protégé, va trouver les mots pour que celui-ci se relève La Tête haute. La fille d’une de ses éducatrices (Anne Suarez) avec qui Malony apprend – non seulement – à faire l’amour, mais à nous faire voir une autre facette de sa personnalité. Malony qui ne respirait que la violence va alors découvrir, visage stupéfait, la douceur d’aimer et d’être aimé.

Entre un éducateur convaincant, une juge inflexible, mais compréhensive, une mère irresponsable et une petite copine bienveillante, Malony avance, recule, trébuche, tout en parvenant à trouver peu à peu sa voie. Une voie qui semble artificielle, mais qui mérite de souligner qu’il est tout à fait possible de modifier le cours de son existence, à la condition d’être suivi et d’avoir du courage, de la persévérance et de la volonté, même si le système judiciaire ne fait aucun cadeau.

La Tête haute ne possède que des têtes à claques et Malony à l’attitude détestable, soutenu par les autres, réussit à nous attendrir grâce à son énergie. Emmanuelle Bercot fait de Malony un bel espoir qui pourrait remporter une récompense au Festival de Cannes pour avoir composé un être à la tête dure.

Si vous appréciez ma chronique, ce serait sympa de la partager...

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