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La Part des Anges, critique

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Récompensés en 2012 par le prix du jury du festival de Cannes, Ken Loach imagine une comédie chaleureuse, insolite et savoureuse, autour d’un jeune écossais paumé qui trouve son salut dans une manufacture de scotch…

À Glasgow, Robbie (Paul Brannigan) est un ancien délinquant devenu un père de famille inexpérimenté. Son passé de malfaiteur n’est jamais très loin lorsqu’il retrouve ses amis d’enfance : Albert (Gary Maitland), Mo (Jasmin Riggins) et Rhino (William Ruane). Ensemble, ils font les quatre cents coups. Ils boivent, ils déambulent dans les pubs, ils rient, ils s’amusent jusqu’au moment où ils sont contraints de rappliquer à la barre pour des méfaits sans gravité. Cette fois-ci, le juge leur laisse une chance de se racheter une conduite et il les condamne à un travail d’intérêt général. Harry (John Henshaw), l’éducateur que la justice a désigné, devient leur mentor en les initiant… à l’art du whisky. De distilleries en séances de dégustation huppées, Robbie se découvre un talent de goûteur de cru, capable d’identifier les cuvées les plus exceptionnelles, les plus chères de l’Écosse. Avec ses trois compères, Robbie compte transformer ce présent en une affaire pour le moins douteuse, au grand désespoir de son curateur. Comment cette affaire juteuse va-t-elle interagir avec ses promesses qu’il a faites à celle qui lui a donné un enfant ? S’il ne connaît pas la réponse, les anges le savent en lui ouvrant la voie à d’autres saveurs.

Alors qu’ils étaient voués à un destin violent, Robbie et ses amis, issus de la banlieue glauque de Glasgow, montrent avec aplomb et effort qu’il n’est jamais trop tard pour s’orienter vers une route inexplorée, mais pleine de bon sens. D’aventure en aventure, de désillusion en illusion, ils évoluent avec leur éducateur aussi intransigeant qu’irrésistible. À ses côtés, ils font preuve d’audace, ils reprennent peu à peu confiance en eux, allant même jusqu’à côtoyer d’un peu plus près des anges aromatiques. Devant leur énergie folle à les humer, leur tuteur, quelque peu réticent, les expédie dans le comté des Highlands pour vivre au gré de ces saveurs odoriférantes. Avec leur allure vaudevillesque, leur incroyable assurance et leur vivacité, ils finissent par nous redonner une vraie gorgée d’espoir, tel un fût fermenté qu’ils apprécient à chaque dégustation, au coeur d’une Écosse animée, chaleureuse et folklorique.

Paul Brannigan, Gary Maitland, Jasmin Riggins et William Ruane apparaissent comme des buveurs de scotch ou des petites frappes aux passés chaotiques. Qu’ils soient l’un ou l’autre, peu importe, ils ne se montrent à aucun moment vaincus, ils redoublent d’efforts pour exhumer de nouveaux parfums et Ken Loach les aime ainsi. À eux quatre, ils forment un audacieux et virevoltant quatuor qui redécouvre le goût de vivre au rythme d’une Écosse haute en couleur. Après que ces anges écossais aient inspiré la flaveur d’un whisky parsemé d’espoir, Ken Loach démontre à quel point la fermeté peut changer le destin d’une jeunesse reculée.

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