Critique : La Finale, un film de Robin Sykes - myCinéthèque Appuyer sur "Entrée" pour passer au contenu

La Finale, critique

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La famille Verdi s’occupe de Roland, un bistrotier arrogant et bougon, qui perd rapidement son sang-froid depuis qu’on lui a diagnostiqué la maladie d’Alzheimer. JB, l’adolescent de ladite famille, n’a qu’un seul objectif dans sa vie : se rendre à Paris pour aller jouer une finale de basket-ball. Or, ses parents, Delphine et Hicham, qui ne le voient pas du même oeil, profitent d’un petit désagrément pour lui imposer la garde de son aïeul. Contrarié, JB, devant quelques mauvais tours de son grand-père, vient d’avoir une idée : celle de l’emmener à contrecœur avec lui. S’ouvre une prolongation où leurs séries d’aventures et de mésaventures se transformeront en un joli moment d’émotion et de distraction…

S’ensuivent de nombreux va-et-vient entre un Roland, patron de café affecté et bougonneur, et un Roland d’un âge avancé qui souffre des pertes de mémoire. Robin Sykes et son coscénariste Antoine Raimbault se sont librement inspirés d’une partie de l’existence de Thierry Roland, un ancien commentateur sportif pincé et provocant, mais sans cesse souriant. Et le Roland de Thierry Lhermitte se distingue du journaliste en interprétant un homme misogyne et raciste, masquant sa maladie. Une année plus tard, Roland ne séjourne plus à Paris, mais à Lyon avec sa fille Delphine (Émilie Caen) et son gendre Hicham (Lyès Salem), ainsi que ses deux petits-enfants, JB (Rayane Bensetti) et Penelope (Cassiopée Mayance). Roland, affecté par des troubles de comportements, reconnait tant bien que mal sa famille dont il n’est pas très proche. Parfois, il est désagréable avec les siens, il se perd en cours de chemin, souvent il joue la même partie de match. Le résultat qui en découle se montre riche en émotions et en surprises.

Robin Sykes sollicite une approche délicate de la maladie d’Alzheimer en entrainant Thierry Lhermitte et Rayane Bensetti, au coeur d’une aventure familiale à la fois bienfaisante et désopilante, où s’entrecroisent d’éblouissants et émouvants moments d’accalmie et de situations rocambolesques. Par une étonnante capacité de jeu, Thierry Lhermitte parvient à trouver le juste équilibre entre l’homme désemparé et le mal-portant animé par des éclairs de lucidité dont les souvenirs reviennent au fil de ses péripéties partagées avec son jeune coéquipier. Thierry Lhermitte, qui est l’un des parrains de la fondation pour la recherche médicale, s’est rendu chez le père d’un ami atteint de ladite maladie d’Alzheimer pour incarner son personnage avec précision. Pendant que Émilie Caen et Lyès Salem aussi désorientés qu’inquiets se disputent l’avenir du Roland qu’il interprète, Rayane Bensetti ne l’observe pas comme un protagoniste souffrant, mais comme un porte-couleurs sans gêne. Thierry Lhermitte, sous sa carapace sénile, exploite finement la bienveillance de ces partenaires pour répandre la mauvaise foi et la piètre humeur de son rôle. Jusqu’à leur infuser une véritable culture du sport qu’il partageait il y a quelques années. Et l’activité physique finit par se révéler comme un stimulus formidable, capable de redéfinir le vrai sens de la famille au sein de l’équipe Verdi.

Malgré ce qui les fragilise et les unit, Bensetti Rayane et Thierry Lhermitte, soutenus par une ribambelle d’acteurs hauts en couleur, constituent un tandem plein d’entrain. L’ensemble du casting nous surprend, allant jusqu’à nous émouvoir par leur familiarité, leur justesse et leur sincérité au sein d’une prolongation drolatique et empoignante. Et, au-delà de cette prolongation familiale, chacun, qu’il soit entraineur, parent ou enfant, démontre à quel point la fraternité est plus que nécessaire pour surmonter la maladie avec amour et humour.

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