Critique : La Ch'tite famille, un film de Dany Boon - myCinéthèque Appuyer sur "Entrée" pour passer au contenu

La Ch’tite famille, critique

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Après Raid Dingue pour lequel il a reçu un César, et avec l’aide du patriarche de sa Ch’tite famille, Pierre Richard, un brin déluré et malicieux, Dany Boon est une nouvelle fois en train de s’emparer du box-office français…

D’origine nordique, la Ch’tite famille de Dany Boon est une tribu simple à la fois chaleureuse et touchante qui fait des étincelles à Paris. La surprise est de taille pour Dany Boon contraint d’osciller entre l’homme prétentieux qu’il est devenu à Paris et la personne modeste qu’il était dans le Nord. À la suite d’un malheureux accident, son accent du nord reprend le dessus. Il jette le trouble sur ses relations avec ses amis, notamment avec son pygmalion François Berléand, allant jusqu’à créer un vrai choc des cultures pour le moins inaccoutumé entre deux régions aux forts tempéraments. Laurence Arné est pimpante, pleine de bonne volonté, mais ne suffit pas toujours à insuffler une dynamique au récit impayable de Dany Boon. Devant le duo qu’incarnent Dany Boon et Laurence Arné, Guy Lecluyse et Valérie Bonneton, d’un culot inouï et d’une énergie sans faille, déboulent à des soirées parisiennes comme des touristes. Tous deux représentent le parfait couple provincial qui se délecte d’une scène à l’autre sans craindre personne. La mine déconfite et la voix rogue, la population parisienne n’est pas au bout de ses surprises. Face à cette famille nordique qui l’embarrasse, elle s’en amuse jusqu’à l’apparition d’un Pierre Richard, un brin persifleur, qui ajoute son grain de sel à l’histoire insolite d’un des leurs, Dany Boon, parti en éclaireur dans une capitale haute en couleur.

Entre des journées intimidantes et des soirées animées, la fine bulle finit rapidement par prendre. Certaines âmes parisiennes se font arroser pendant que des Nordiques de bonne compagnie les éclairent tant bien que mal du haut de leur coupe, à l’occasion de situations cocasses et embarrassantes. Et, au-delà de cette éclatante rencontre, se cache une triste réalité : celle où l’homme moderne possède de sérieuses difficultés dans le domaine de l’acceptation de soi, de son prochain et de l’affranchissement de son appartenance culturelle.

Rayonnante de vitalité, Line Renaud passe du rire aux larmes. Elle irradie l’écran par sa bienveillance, sa candeur et sa jovialité. À ses côtés, Pierre Richard, au sommet de son art et de la bêtise humaine, complète le jeu de sa partenaire émotive. Il utilise cette sensibilité pour nous faire sourire devant tant de situations saugrenues, où s’affrontent à coup de joute verbale des bons vivants engageants et des conformistes peu enclins à leurs bonnes manières. La fermeté de l’un d’entre eux, Pierre Richard, illuminent la double interprétation de Dany Boon. Pris au piège par deux cultures différentes qui l’attirent et l’opposent, le comédien-réalisateur démontre au fil de ses péripéties rocambolesques comme l’arrogance des uns peut compenser les excès de leurs semblables. Qu’elles soient issues de la capitale ou du Nord, les deux populations recherchent la même chose, mais ne le savent pas encore, sauf une jeune apprentie philosophe. Juliane Lepoureau qui la joue renforce les liens de ces deux populations, lors d’un clin d’oeil à Johnny Hallyday (Allumer Le Feu).

La Ch’tite famille de Dany Boon est – malgré l’apparence sans gêne qu’elle renvoie – une famille nordique pas si… imparfaite à Paris. Au contraire, elle respire la joie de vivre et insuffle un peu d’air pur à un microcosme parisien qui s’essouffle avec ses idées préconçues sur les avantages de l’accessibilité, leur donnant une vague impression de dominer le monde. Transmis par des Nordiques de bonne compagnie, cet apport d’oxygène offre à cette comédie familiale une ambiance chaleureuse et touchante qui, espérons-le, changera l’arrogance en humilité.

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