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Kingsman : Le Cercle d’or, critique

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Les forces de l’ordre, les organisations militaires et les agences secrètes de renseignement nous protègent d’une adversité insidieuse. Les dossiers confidentiels, les noms de code mystérieux et la technologie que les gens ne peuvent imaginer ne sont que quelques-uns des éléments qui rendent ce film aussi divertissant qu’un James Bond. Après la perte d’un des membres de l’agence Kingsman, Matthew Vaughn la remet sur pied. Ici, les agents n’affronteront plus l’esprit torturé du criminel Richmond Valentine, mais la folie démesurée d’une baronne de la drogue. Ils devront faire preuve d’habileté, d’imagination et de vivacité pour déjouer les plans diaboliques de cette femme…

Quelques années après la mort de son parrain Harry (Colin Firth), Eggsy (Taron Egerton) devient son remplaçant et se fait passer pour le nouveau Galahad au sein de l’agence Kingsman, l’élite du renseignement britannique. Entre Lancelot (Sophie Cookson), Merlin (Mark Strong) et sa princesse maniérée, il jongle à merveille ses identités. À la fois un agent secret et un homme au foyer, Eggsy assure pleinement l’intérim. Son esprit est vif et son sens de l’humour est toujours aussi affuté que celui d’Harry. Lorsqu’un de ses ex-collègues revient le traquer, il comprend qu’il devra affronter une menace d’un autre genre, lors d’une détonante promenade londonienne. Aux antipodes de Londres se trouve Poppy (Julianne Moore), une señorita de la drogue excentrique et perfide, qui s’amuse à éliminer des agences de services secrets avant d’exercer des pressions sur le président américain. Elle compte retirer l’interdiction des stupéfiants et répandre sa toxine sur la population mondiale. Devant cette menace sans précédent et une agence réduite en cendres, Eggsy et Merlin sont contraints de cohabiter avec les agents de l’agence Statesman, leurs homologues américains, aux méthodes de travail antagonistes.

Les Américains, Champagne (Jeff Bridges), Ginger (Halle Berry), le sosie de Merlin, Tequila (Channing Tatum) et Whisky (Pedro Pascal) ainsi que les Britanniques mettent en commun leurs savoir-faire pour torpiller les projets machiavéliques de Poppy. Sans aucune surprise, la rencontre américano-britannique est quelque peu complexe et nerveuse puisque la plupart des agents ne se connaissent pas. Et leur façon de faire les choses diffère. Les Américains agissent de manière déraisonnable et sordide tandis que les Britanniques apparaissent réservés et rationnels. Cependant, les Américains détiennent des gadgets innovants et des petites surprises. Leurs retrouvailles avec leurs homologues britanniques semblent cacher un secret les liant jusque dans les moindres recoins d’une aventure audacieuse et fastidieuse, rythmée par un casting inégal, mais remarquable quand il ne fait plus qu’un.

Imaginé par un audacieux Matthew Vaughn, Kingsman : Le Cercle d’or est à la hauteur de son prédécesseur. On y retrouve des enjeux analogues au premier opus et les comédiens ne sont plus tout à fait les mêmes. Colin Firth et Mark Strong s’assagissent et secondent Taron Egerton qui, lui, gagne en agilité et en assurance aux côtés des nouvelles têtes brûlées : Jeff Bridges, Channing Tatum, Halle Berry et Pedro Pascal. Pour Matthew Vaughn, réunir des Britanniques et des Américains, aux caractères modérés et trempés, et les mettre en face d’une redoutable menace sont un pari encore plus périlleux que celui du premier volet. Pari réussi : le cinéaste dégoupille cette comédie d’action d’une audace et d’une virtuosité infinies, et il la dégoupille si bien qu’on en est abasourdis. L’étonnement ne s’arrête plus lorsque les Américains et les Britanniques, un brin impétueux et malicieux, nous offrent un savoureux mélange d’action, d’élégance, d’humour et de folie. Dans la même veine qu’un Sherlock Holmes (Guy Ritchie), ce deuxième Kingsman apparait comme le symbole de renouveau du cinéma grand public. Il dépoussière à merveille les James Bond tout en leur rendant hommage.

Face à ce détonant mélange de genres se trouvent des méchants extravagants et uniques en leur genre. Les membres de l’agence Kingsman se vantaient d’un Samuel L. Jackson hardiment coloré qui les raillait avec son cheveu sur la langue. Pour leur deuxième mission, ils se mesureront à Poppy, une baronne de la drogue outrancière à l’imagination sans frein, obsédée par Elton John et les années 1950. Julianne Moore qui l’incarne est si partisane du chanteur qu’elle lui a construit un auditorium pour qu’il lui joue du piano. Si le chanteur « flashy » ne peut pas être l’un des méchants de l’histoire, sa performance théâtrale est incontestablement l’un des points forts du film, contrastant avec la quête effrénée et folklorique des Américains et des Britanniques.

Si les Britanniques restent maitres de l’action avec leur sens de l’humour décapant et leur sens de l’imagination affuté, les Américains, quant à eux, insufflent une nouvelle dynamique dans le récit, ajoutant leur attitude sauvage à celle de leurs alliés. Et la collaboration entre les deux clans, devant une dangereuse menace, ne peut que nous amuser, nous réjouir jusqu’au prochain numéro.

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