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Kidnap, critique

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Après avoir réalisé le remake de Pusher (Nicolas Winding Refn), Luis Prieto s’inspire de Taken pour composer sa nouvelle histoire : celle où une jeune mère s’engage dans une course-poursuite effrénée pour interpeller les kidnappeurs de son enfant. Cette femme, incarnée par Halle Berry, sera-t-elle aussi déterminée et tenace que Bryan Mills ?

Avant d’entrer dans le feu de l’action, Luis Prieto se concentre sur Karla et sur son rapport avec son fils Frankie (Sage Correa). Tous les deux affichent de généreux sourires, leur vie respective est un conte idyllique jusqu’à ce que la voix du père de famille apparaisse. À cette apparition, sous cet enjouement se retrouve parfois du désespoir, la gaieté s’efface, les regards de Karla s’assombrissent. Karla se montre comme une mère célibataire à la fois contrariée et partagée entre la pression d’un ancien mari prêt à tout pour obtenir la garde de Frankie et son petit garçon.

Un enfant enlevé par de mystérieux ravisseurs et c’est le drame pour Karla sur qui la société s’acharne. Quel parent n’a jamais senti l’angoisse et la rage l’envahir lorsqu’il perd sa progéniture ? Une situation à laquelle Karla s’est trouvée confrontée peu de temps après avoir accompagné Frankie à une fête foraine. Sauf que la jeune femme n’a pas imaginé d’autre solution que de se lancer dans une folle et intense course-poursuite pour le récupérer. A travers des voitures qui s’emballent et s’arrêtent, et vice-versa, et des vues d’hélicoptère, l’anxiété monte crescendo, allant jusqu’à laisser planer une ombre d’un doute dans le processus de son enquête. Karla est seule au monde. Les autorités ne résident nulle part ailleurs pour la suivre, elle et ceux qu’elle traque, sur les routes. D’un côté comme de l’autre, Karla est la version féminine de Bryan Mills. Ce qui paraît être pour elle une expérience haletante devient pour nous une épreuve interminable. Loin d’être l’égale de Mills, Karla est constamment séparée par une barrière physique entre elle et ses adversaires, Terry (Lew Temple) et sa partenaire (Michelle DeVito), dont on ne connait rien. Pourraient-ils être liés à un homme d’influence exerçant des pressions sur son ex-compagne ? Lorsque Karla parvient à s’approcher des ravisseurs, elle a l’air d’être bloqué et Halle Berry qui l’incarne ne semble pas aussi décidée et obstinée que Bryan Mills.

Entre un ex-mari quasi inexistant, un mystérieux enlèvement et une investigation cousue de fil blanc, l’héroïne peine à nous convaincre du bien-fondé de ses efforts. Qu’elle exprime sa joie ou qu’elle gémisse, la montée d’adrénaline lui manque un peu pour renverser une situation alambiquée à son avantage. Et ce n’est qu’à quelques minutes de la fin qu’elle y parvient, lors d’une confrontation exceptionnelle. La terminaison est exaltante. Même si l’absence de preuves et des forces de police se fait sentir à cette héroïne, et même si l’interprétation de Halle Berry est inégale.

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