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Kedi – Des chats et des hommes, critique

Guillaume Blet 0

Entre les chats sauvages qui errent dans les rues d’Istanbul et la confiance unique qu’ils inspirent à la communauté turque, Ceyda Torun propose à travers ces félins un regard singulier sur cette métropole. Elle signe une déclaration d’amour réconfortante pour l’âme tout en montrant à quel point l’animal peut être un formidable remède à l’homme…

La photographie itinérante du chat contraste avec les vues d’hélicoptère d’Istanbul, une magnifique ville portuaire, et nous transmet la façon inouïe dont sept félins contrôlent leur territoire avec agilité, charme et persévérance. Les poissonniers sont désireux de les garder, persuadés qu’ils sont une aubaine pour leur activité de pêche. Les commerçants et les habitants sont tellement en admiration devant ces chats qu’ils n’oublient pas de s’occuper de leur santé. La volonté des Istanbuliotes à prendre soin de leurs amis à quatre pattes en dit long sur la culture d’Istanbul.

Les chats déambulent dans les rues d’Istanbul à la recherche de nourriture et de tendresse, et les Istanbuliotes voient en eux le symbole de l’humanité. Ils essayent de reconquérir le lien social qu’ils ont perdu depuis la mondialisation. En compagnie de ces chats qu’ils accueillent à bras ouverts, les Istanbuliotes retrouvent peu à peu leur nature compatissante et cet état d’âme les autorise à leur offrir affection et soutien. La plupart des félins réussissent à s’attacher à eux, allant jusqu’à leur accorder l’aide et le respect qu’ils méritent. Pour les Istanbuliotes qui expriment leur mal d’être ou leur difficulté à établir un contact, la gent féline apparait comme un don du ciel dont la préservation permet de regagner un peu de chaleur humaine. Un lien incroyable et indéfectible se crée entre les chats et les Istanbuliotes aussi fragiles, sensibles et tenaces qu’eux.

Née à Istanbul où elle a grandi pendant son enfance, Ceyda Torun instaure des liens harmonieux entre les chats et les hommes, tels que l’attachant Gamsiz qui adore la tendresse des commerçants ou un autre félin qui s’amuse avec son partenaire adulé. Qu’ils soient portés sur les câlins ou sur les jeux cocasses, peu importe, la population féline qu’elle suit s’exprime sans façon et les Istanbuliotes se prennent facilement d’affection pour ces chats bienveillants qui les réconfortent si nécessaire. Selon un des Istanbuliotes, les gens qui n’apprécient pas les animaux ne peuvent pas non plus aimer les individus. Cette idée trouve tout son sens dans le consensus entre les félins et les habitants, sans lequel les efforts de consolidation de la paix seront vains.

Lauréat du prix du premier documentaire, lors de la cérémonie des « Critics’ Choice Movie Awards » du 6 novembre, Ceyda Torun nous fournit des portraits sympathiques de chats dans le but de les magnifier à la lumière d’Istanbul. La patience dont Ceyda Torun fait preuve pour les suivre est l’atout le plus gratifiant de cette oeuvre récompensée. Certains agissent selon leurs instincts, surmontant diverses situations pour vivre dans les crevasses des rues accueillantes. D’autres se font pouponner tout en s’affichant à côté d’une communauté turque disparate. Peu importe les raisons de sa largesse, la présence de ces chats les rassure, et elle les voit comme l’âme apaisante et réconfortante de la ville d’Istanbul.

Si vous appréciez ma chronique, ce serait sympa de la partager...

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