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K.O., critique

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Après Simon Werner a disparu, où il avait perturbé des adolescents autour de la perte d’un des leurs dans un récit intriguant, Fabrice Gobert continue de cultiver le mystère : sommes-nous ce que nous prétendons être ? Entre l’homme que nous sommes réellement et celui que les autres imaginent, y a-t-il une vraie différence ?  

Fabrice Gobert est une nouvelle fois à la tête d’un film. Celui-là est un thriller psychologique, porté par un Laurent Lafitte, toujours aussi impressionnant de rigueur et de solennité qu’à l’accoutumée. Le dénommé Antoine qu’il incarne est à la fois un homme arrogant et un coureur de jupons impertinent qui dirige une chaine télévisuelle d’une main de maitre. Jusqu’à ce qu’il soit victime d’un accident. Ce jour-là, Antoine se retrouve plongé dans un sommeil profond à l’hôpital pendant que son associé (Pio Marmai) assure l’intérim. À son réveil, sa vie n’est plus ce qu’elle était. Sa vie a mystérieusement changé. Antoine est alors contraint de partir en quête d’une vérité impénétrable, non loin d’une métamorphose kafkaïenne. Et, c’est sans compter sur l’ambition démesurée de certains collègues, la souffrance d’une épouse (Chiara Mastroianni) et un étranger (Jean-Charles Clichet) qui mélangent le vrai et le faux.

Expert en matière de suspense, Fabrice Gobert joue avec dextérité la carte de l’ambiguïté et de l’introversion. Antoine rêve-t-il ? Est-il sous l’emprise de l’anesthésie ? S’agit-il, pour lui, d’une folie psychotique passagère, d’une fracture psychologique ou d’une machination savamment orchestrée par des proches ? On est plongés dans les affres d’une âme happée par l’intransigeance et la superficialité du monde de l’entreprise qui l’attire et la dépasse. Cette âme est sans cesse dans l’expectative, tenue par l’irrépressible besoin de trouver une issue à son mystère. Ce besoin l’incite à redoubler d’efforts pour soit ne pas sombrer dans le néant, soit vivre au rythme d’une société intransigeante.

Cette résolution, quelque peu confuse, captive tout en laissant traîner une certaine frustration et lassitude d’un homme qui s’est égaré en cours de route. De cette finalité troublante, Laurent Lafitte est cet homme aux limites d’une âme rébarbative et séductrice. Il suscite autant l’agacement que l’empathie et il réalise un tour de force qui lui sied à merveille depuis qu’il a joué au côté d’Isabelle Huppert (Elle).

Cela dit, si l’ambivalence règne tout au long du récit, ce thriller, écrit par Fabrice Gobert et sa compagne Valentine Arnaud, évoque la capacité d’un homme à se remettre en cause. Et brouille les pistes de la réalité pour en tirer des leçons d’existence.

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