Appuyer sur "Entrée" pour passer au contenu

Je vous souhaite d’être follement aimée, critique

Guillaume Blet 0

Ounie Lecomte évoquait dans Une vie toute neuve le thème de l’adoption et de la filiation. Avec Je vous souhaite d’être follement aimée, elle reprend les mêmes thèmes à travers l’histoire de Élisa, une kinésithérapeute et une mère de famille, qui réapprend à vivre. Enfin…

Adoptée par une famille d’accueil et après une longue réflexion, Élisa (Céline Sallette) ne peut plus porter son secret et souhaite que son fils Noé (Elyes Aguis) connaisse l’identité de sa grand-mère qu’elle parvient à retrouver. Or, Annette (Anne Benoit), la mère biologique de Élisa, refuse toute confrontation. Élisa découvre que sa mère qui l’a abandonnée à sa naissance est native de Dunkerque. Élisa s’y est installée pour remplacer une consœur, se recentrer sur elle-même et recoller les morceaux avec son mari (Louis-Do de Lencquesaing). Son fils avec qui elle vit est contraint de s’adapter à sa nouvelle école et ne vit pas très bien la séparation de ses parents.

Si Élisa est amenée à soigner par le plus grand des hasards Annette qui travaille dans l’établissement scolaire de Noé, elle découvre peu à peu son parcours chaotique. Les coïncidences de cette rencontre fortuite entre mère et fille, quelque peu invraisemblables, mettent l’accent sur la vérité psychologique et le réalisme à fleur de peau tant au niveau des personnages que de la société qui  les conditionne.

Au regard impassible, Céline Sallette et la pudique Anne Benoit jouent leurs rôles, tout en finesse. Ounie Lecomte profite du métier du personnage de Sallette pour filmer au plus près des corps sans exhibitionnisme superflu, ni tabou.

Alors que Dunkerque est touchée par la crise économique, mettant à mal les relations entre habitants, Ounie Lecomte évoque à travers le récit d’Élisa en mal de mère le thème de l’accouchement sous X, de l’adoption et de l’avortement. Avec une infinie délicatesse. La bonté et la tolérance sont en première ligne d’un récit sensible : accepter un proche qu’on n’a pas revu n’est pas si simple au cœur d’une ville sinistrée où de nombreux immigrés y vivent. Faut-il accepter Élisa et Annette comme si on accueillait des migrants chez nous ?

Si vous appréciez ma chronique, ce serait sympa de la partager...

Défiler vers le haut