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Jack et la mécanique du cœur, critique

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Jack et la mécanique du cœur est un film d’animation qui n’aurait jamais pu voir le jour sans l’aide du studio qui avait produit Un monstre à Paris

C’est aussi le jour le plus froid du monde qu’un jeune garçon, Jack (Mathias Malzieu), est né à Édimbourg. Une nuit tellement froide que son cœur en est gelé. Sauvé par Madeleine (Marie Vincent), une vieille femme qui répare les gens d’un coup de baguette magique et remplace son cœur par une horloge bricolée, Jack doit respecter trois règles pour survivre : ne pas toucher aux aiguilles, maitriser sa colère et ne jamais tomber amoureux. Sa vie est cependant bouleversée lorsqu’il s’éprend d’une jolie chanteuse, Miss Accacia (Olivia Ruiz), qui voit flou et refuse de mettre ses lunettes sous prétexte qu’elles lui déforment le visage. Jack ne peut compter que sur Georges Meliès (Jean Rochefort) pour l’aider à séduire Miss Accacia et le protéger de son rival Joe (Grand Corps Malade).

Stéphane Berla et Mathias Malzieu filment les aventures extraordinaires d’un petit garçon atypique qui souhaite devenir un homme sans artifice ni trucage. Connaissant par cœur leur ouvrage, les deux cinéastes oscillent entre le parcours d’un enfant qui ne peut tomber amoureux et un conte graphique et gothique imaginé par Tim Burton. Ce mélange d’ambiance a tout pour satisfaire les plus jeunes spectateurs sensibles à l’univers romantico-gothique de Twilight. Mais Jack et la mécanique du cœur ne ressemble pas à cette saga et propose une authentique histoire d’amour où chacun apprend à vivre et à avec ses différences.

Malgré cette dimension, Jack et la mécanique du cœur réussit à ne pas tomber dans la facilité du « tout est beau, tout est bien » et n’épargne pas aux marmots les malheurs d’une histoire. Ils croisent des prostitués, des morts, des blessures et certains événements prennent des tournures auxquelles personne ne s’attend. Les protagonistes qui ressemblent à des êtres en porcelaine créent un décalage, notamment lorsqu’ils s’affrontent dans un milieu imaginaire et fantaisiste.

Ce film d’animation prend forme grâce à une excellente direction artistique, débordant de très belles idées visuelles. Mathias Malzieu, le leader du groupe Dionysos, impose toute sa magie et sa poésie. Transposant ses impressions, il donne naissance avec son comparse à une œuvre prodigieuse et émouvante, appuyée par des thématiques fortes et sombres : le handicap et la bonté des uns et la méchanceté et la rivalité des autres. Tout en incrustant dans son récit de sublimes compositions musicales.

Mathias Malzieu et Stéphane Berlat réalisent ici un film artistique et musical à la fois poétique et magique qui comblera les petits et les grands. Belle réussite pour l’animation française.

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